Les votes et les mots · Nutri-Score · Assemblée nationale, 2024–2026
Ont-ils voté ce qu’ils ont dit ?
L’essentiel en trois chiffres
Chaque suffrage, chaque citation et chaque amendement renvoie à sa source. Les documents parlementaires sont rapprochés des déclarations retrouvées dans la presse et à la télévision. Cette étude prolonge celle sur les votes : Qui a voté pour rendre le Nutri-Score obligatoire ? →
Introduction
La question. Le 22 octobre 2026, l’Assemblée nationale rejette à une voix près l’obligation d’afficher le Nutri-Score sur les emballages (62 pour, 63 contre). Moins d’un an plus tôt, le 3 décembre 2025, un texte voisin avait été rejeté à trois voix (117 pour, 120 contre). Entre les deux, le 7 octobre 2026, en commission des affaires sociales, tous les groupes qui ont pris la parole se sont dits favorables à la pétition qui demande cette obligation, ou à son examen, y compris la Droite républicaine et le Rassemblement national, dont les députés votent ensuite contre. D’où une question simple : les députés votent-ils ce qu’ils disent ? Nous suivons trois relations. La première rapproche la position exprimée et le vote. La deuxième suit les demandes de modification, la réponse apportée dans le texte et le soutien qui vient ensuite. La troisième compare les propos tenus dans les débats, dans la presse et à la télévision. Nous examinons aussi la participation, car un texte peut manquer de voix parmi ceux qui le soutiennent. Chacune de ces comparaisons a ses limites : un décalage ne démontre pas à lui seul un double discours. L’hypothèse d’un double discours est souvent formulée à propos du RN. Nous appliquons les mêmes calculs à tous les groupes : c’est la comparaison qui instruit.
Ce que nous avons fait. Nous avons étudié les 212 passages retenus dans le corpus, prononcés par 61 députés entre 2024 et 2026, en séance et en commission. Pour chaque député, nous mettons côte à côte ce qu’il a dit, ce que les textes mis aux voix répondaient à ses demandes, ce qu’il a voté, et s’il a pris part au vote. Les paroles ont été lues à l’aveugle, sans nom, groupe ni date, par trois lecteurs automatiques de deux familles de modèles. Nous avons relu à la main les cas mis en avant, et ajouté ce que les députés ont dit hors de l’hémicycle, à la télévision et dans la presse.
Ce que nous trouvons. Les écarts entre paroles et votes existent, mais ils ne suffisent pas à établir un double discours. Ils suivent souvent la majorité du groupe. Le débat a fait entrer des exemptions dans les textes, sans rallier tous ceux qui les demandaient. Deux dispositifs devenus équivalents ont aussi recueilli des soutiens différents. Au RN, les refus sont constants ; les marques d’ouverture retrouvées ne constituent pas une promesse de voter l’obligation. Enfin, le vote du 22 octobre 2026 rappelle qu’un soutien déclaré ou une signature ne garantit pas un suffrage. Nous pouvons suivre ces décalages. Nous ne pouvons pas en déduire les intentions.
D’où nous parlons. Comme dans l’étude précédente, nous tenons le Nutri-Score pour un outil de santé publique utile. Ce document n’a pas pour autant de visée partisane : il ne prête d’intention à personne, applique les mêmes calculs à tous les groupes et donne chaque résultat avec ses limites. Il trouve d’ailleurs les écarts entre paroles et votes surtout chez ceux qui défendent l’obligation.
Ce que permettent les données ouvertes. Tout ce qui sert ici est public : le vote de chaque député à chaque scrutin, l’effectif de chaque groupe, le compte rendu de chaque séance et de chaque commission, la fiche de chaque amendement avec ses cosignataires. Les croiser demande des méthodes d’analyse textuelle et de contrôle que nous appliquons aussi aux verbatims de patients et aux réponses libres d’enquête : analyse de verbatims, études auprès des patients.
Ce que contient ce document. Nous rapprochons d’abord les paroles et les votes (partie 1), puis les modifications demandées, les textes et les votes qui suivent (2). Nous examinons ensuite la participation (3) et les déclarations hors de l’hémicycle (4). La discussion expose les limites de ces rapprochements (5). La conclusion rassemble les réponses et les pistes (6). La méthode précise enfin comment chaque résultat a été obtenu (7).
En bref
1. Ce qu’ils disent, ce qu’ils votent
1.1 Ce que l’on compare
Un écart n’a de sens que si l’on compare des choses comparables. Nous comparons chaque vote à la position que le député a dite sur l’obligation d’afficher le logo, le jour même ou, à défaut, la dernière fois avant. Dire du bien de l’outil n’engage pas à voter son obligation : beaucoup de députés défendent le logo et refusent qu’il soit imposé. Nous lisons aussi la portée exacte de chaque texte mis aux voix : une exemption pour les produits sous appellation d’origine répond à une demande sur les terroirs, pas à une critique du calcul. Enfin, une position n’est retenue que si deux familles de modèles la lisent dans le passage (section 7.2) ; la règle de comparaison complète est en section 7.3.
1.2 Groupe par groupe, les mots des orateurs et le vote du groupe
La figure 1 permet de suivre chaque groupe. Ses boutons donnent la vue d’ensemble : les dix votes de chaque groupe sur l’obligation, de novembre 2024 à octobre 2026. Choisir un groupe ouvre sa frise : date par date, ce que ses orateurs ont dit du Nutri-Score, avec la position lue dans chaque passage, et ce que le groupe a voté le même jour. Les orateurs ne sont pas tout le groupe : ce sont souvent les plus engagés sur le sujet, et un écart entre les deux peut séparer des personnes plutôt qu’une même personne. La section 1.3 le mesure élu par élu.
Groupe par groupe, ce qu’ils disent et ce qu’ils votent
Choisissez un groupe. Chaque bouton résume déjà ses dix votes sur l’obligation, de novembre 2024 à octobre 2026. Sa frise montre, date par date, ce que ses orateurs ont dit du Nutri-Score, avec la position lue dans chaque passage, et ce que le groupe a voté aux douze scrutins. Chaque citation ouvre son compte rendu, chaque intitulé son scrutin.
Insoumis 7 orateurs, 22 passages
4 novembre 2024
« Nous défendons le nutri-score depuis longtemps »
pour l’obligation Hadrien Clouet, séance« C’est donc le match retour du nutri-score, pour essayer de l’élargir. »
l’outil : favorable Hadrien Clouet, séanceLogo dans les publicités (229)27 pour, 0 contre8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)34 pour, 0 contre18 février 2025
« Le nutri-score est pourtant un outil de santé publique plébiscité par les soignants, par les consommateurs et par l’Organisation mondiale de la santé. »
l’outil : favorable Loïc Prud'homme, séance« Il faut vraiment que cet arrêté interministériel soit publié dans les tout prochains jours, que l’on ne tergiverse pas encore pendant des mois. »
l’outil : favorable Loïc Prud'homme, séance—
29 octobre 2025
« L’amendement AS695 vise à rendre obligatoire la mention du nutri‑score sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires. »
pour l’obligation Élise Leboucher, commission—
7 novembre 2025
« Il est temps de lui donner toute sa place dans notre politique de santé publique, ce qui implique de mettre fin aux stratégies de contournement permises aux industriels. »
pour l’obligation Élise Leboucher, séance« Honnêtement, qui se nourrit exclusivement de produits classés A par le nutriscore ? Personne. Votre argument n’a pas de sens. »
l’outil : favorable Hadrien Clouet, séanceContribution des annonceurs (3548)0 pour, 29 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)0 pour, 29 contreLogo dans les publicités (3550)29 pour, 0 contre29 novembre 2025
« l’obligation de mentionner le nutri‑score sur tous les supports publicitaires pour des denrées alimentaires. »
pour l’obligation Ségolène Amiot, commission—
3 décembre 2025
« Cet amendement de bon sens vise à généraliser l’application du nutri-score à l’ensemble des aliments distribués en France. »
pour l’obligation Loïc Prud'homme, séance« nous tenons à rendre le nutri-score obligatoire pour tous les produits alimentaires, quels qu’ils soient. »
pour l’obligation Élisa Martin, séance« les propos incroyables de la ministre de la santé qui soutient que le nutri-score n’est pas une politique de prévention sanitaire, alors que des dizaines d’articles scientifiques établissent un lien direct entre l’un et l’autre. »
l’outil : favorable Loïc Prud'homme, séanceet 1 autre passage ce jour-là
Publicités, texte insoumis (4512)27 pour, 0 contrePublicités, texte MoDem (4513)27 pour, 0 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)27 pour, 0 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)26 pour, 1 contre4 décembre 2025
« ils veulent taxer le sucre, mais pas que les consommateurs sachent ce qu’ils mangent ! »
l’outil : favorable Hadrien Clouet, séance—
3 février 2026
« Mais le nutri‑score n’informe que sur la qualité nutritionnelle des aliments, non sur les autres dimensions sanitaires »
l’outil : réserves Loïc Prud'homme, commission—
17 février 2026
« Rien de nouveau sur le nutri-score, dont l’affichage reste volontaire. »
pour l’obligation Loïc Prud'homme, séance—
7 octobre 2026
« Il faut aussi obliger Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelēz, Danone, Bjorg ou Cristaline à mettre en place le Nutri-score, afin de nous protéger des dérives de l’agro-industrie. »
pour l’obligation Ségolène Amiot, commission—
14 octobre 2026
« Le Nutri‑score permet de savoir rapidement, facilement et simplement si un produit est acceptable ou pas, enjeu décisif au regard de la prévention. »
l’outil : favorable Anaïs Belouassa-Cherifi, commission—
22 octobre 2026
« Nous souhaitons rendre obligatoire cet affichage, afin d’inciter les industriels du secteur agroalimentaire à modifier leurs recettes »
pour l’obligation Anaïs Belouassa-Cherifi, séancePublicités, texte insoumis (9049)15 pour, 0 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)15 pour, 0 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)18 pour, 0 contre
Écologistes 9 orateurs, 38 passages
23 octobre 2024
« L’amendement identique AS1235 vise à rendre obligatoire l’apposition du nutri-score sur l’ensemble des supports publicitaires pour des denrées alimentaires. »
pour l’obligation Sébastien Peytavie, commission« si le nutri-score n’est pas la panacée, il devrait néanmoins être obligatoire. »
pour l’obligation Hendrik Davi, commission« il est à la fois simple et essentiel d’adopter les amendements renforçant l’impact du nutri-score. »
l’outil : favorable Sébastien Peytavie, commission—
4 novembre 2024
« Selon les études consacrées à ce sujet, le nutri-score est efficace, en tant qu’il informe le consommateur. »
l’outil : favorable Sabrina Sebaihi, séance« l’amendement no 1737 que défendra Sabrina Sebaihi me semble plus pertinent que ceux-ci, car il s’appuie sur le nutri-score, désormais obligatoire. »
pour l’obligation Danielle Simonnet, séance« Cela veut bien dire que l’affichage du nutri-score fonctionne : il aide le consommateur à choisir ce qu’il va consommer. »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, séanceLogo dans les publicités (229)10 pour, 0 contre8 novembre 2024
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Taxe sur les publicités (359)16 pour, 0 contre4 mars 2025
« Ce sont ces mêmes lobbys qui ont fait pression sur la Commission européenne pour empêcher la généralisation du nutri-score. »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, séance—
9 juillet 2025
« Nous approuvons également l’utilisation du Nutriscore comme clef de la politique de prévention nutritionnelle »
l’outil : favorable Hendrik Davi, commission—
29 octobre 2025
« Mon amendement vise à rendre l’inscription du nutri‑score obligatoire sur les produits alimentaires. »
pour l’obligation Boris Tavernier, commission« Il faut rendre le nutri‑score obligatoire sur absolument tout. »
pour l’obligation Hendrik Davi, commission—
30 octobre 2025
« j’ai défendu un amendement visant à rendre obligatoire le Nutri-score »
pour l’obligation Boris Tavernier, séance—
7 novembre 2025
« Il en va exactement de même du nutriscore. »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, séance« On ne peut plus accepter, par exemple, que des marques qui ne souscrivent pas à l’évolution du nutriscore retirent ce dernier de leurs emballages »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, séance« certaines marques de céréales ont baissé le taux de sucre dans la composition de leurs produits pour obtenir un meilleur score »
l’outil : favorable Sabrina Sebaihi, séanceet 2 autres passages ce jour-là
Contribution des annonceurs (3548)14 pour, 0 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)0 pour, 0 contre, 14 abstentionsLogo dans les publicités (3550)14 pour, 0 contre3 décembre 2025
« Il est absolument nécessaire de publier le nutri-score, et ce, sur toutes les marques. »
pour l’obligation Hendrik Davi, séance« J’ai déjà expliqué pourquoi je pensais qu’il fallait rendre obligatoire le nutri-score »
pour l’obligation Hendrik Davi, séancePublicités, texte insoumis (4512)14 pour, 0 contrePublicités, texte MoDem (4513)14 pour, 0 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)14 pour, 0 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)14 pour, 0 contre28 janvier 2026
« vous auriez pu faire le choix de l’adversité et aller réveiller quelques lobbies bien installés en proposant de rendre obligatoire le nutri-score »
pour l’obligation Boris Tavernier, commission—
16 février 2026
« Notre assemblée a refusé, il y a quelques mois, de rendre obligatoire le nutri-score : c’est un autre problème, plus grave. »
pour l’obligation Boris Tavernier, séance—
25 février 2026
« Je soutiens cet amendement. »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, commission—
15 juillet 2026
« le Parlement fait voter la loi Duplomb et renonce à l’obligation du Nutriscore. »
pour l’obligation Hendrik Davi, commission—
7 octobre 2026
« Il faut contraindre les industriels et rendre le Nutri‑score obligatoire sur les produits alimentaires et dans leurs publicités. »
pour l’obligation Boris Tavernier, commission—
14 octobre 2026
« Par l’amendement AS1273, nous ne cherchons pas à interdire ces pratiques, mais à les encadrer en exigeant davantage de transparence. »
pour l’obligation Sandra Regol, commission« Il a pour objectif de délivrer une information transparente. »
l’outil : favorable Sandra Regol, commission—
22 octobre 2026
« toute publicité alimentaire doit afficher le nutri-score du produit ; ceux qui ne le font pas doivent verser une contribution de 2 % de leurs dépenses publicitaires à l’assurance maladie ; les produits bénéficiant d’une AOP ou d’une IGP sont exclus. »
pour, sous condition (terroirs) Dominique Voynet, séance« Comment peut-on être contre le fait de rendre obligatoire un nutri-score qui permet de sauver des vies »
pour l’obligation Sabrina Sebaihi, séancePublicités, texte insoumis (9049)11 pour, 0 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)11 pour, 0 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)11 pour, 0 contre
Socialistes 9 orateurs, 34 passages
23 octobre 2024
« il permet de mieux informer et de sensibiliser les consommateurs dans leurs choix »
pour l’obligation Sandrine Runel, commission« Non seulement le nutri‑score a un rôle informatif, mais il a aussi des effets sur les comportements de consommation. »
pour l’obligation Arthur Delaporte, commission« C’est ce que permet mon amendement, qui vise à taxer les producteurs qui ne l’affichent pas pour les inciter à le faire. »
pour l’obligation Jérôme Guedj, commission—
24 octobre 2024
« rendant obligatoire le nutri-score pour les industriels, sous peine de sanction financière : il donne un signal extrêmement important »
pour l’obligation Jérôme Guedj, commission—
28 octobre 2024
« nous avons obtenu l’obligation de la mention du nutriscore sur tous les supports publicitaires. »
pour l’obligation Sandrine Runel, séance—
4 novembre 2024
« doit être défendu – à l’échelle française, mais aussi à l’échelle européenne, où la question se joue en partie. »
l’outil : favorable Jérôme Guedj, séance« On doit pouvoir fixer une obligation de mentionner le nutri-score dans les publicités, ce qui, indirectement, conduirait à une obligation du nutri-score. »
pour, sous condition (Europe, terroirs) Jérôme Guedj, séanceLogo dans les publicités (229)14 pour, 0 contre8 novembre 2024
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Taxe sur les publicités (359)13 pour, 0 contre29 octobre 2025
« Cette mesure a déjà permis de lutter contre le diabète et l’obésité en incitant les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits. »
l’outil : favorable Sandrine Runel, commission—
30 octobre 2025
« avec la généralisation du Nutri-score, auquel nous sommes très attachés. »
pour l’obligation Mélanie Thomin, séance« Nous sommes très engagés pour systématiser l’usage de nouveaux indicateurs plus complets, par exemple le Nutri-score pour valoriser la qualité nutritionnelle des produits »
pour l’obligation Mélanie Thomin, séance—
7 novembre 2025
« nous proposons justement, par l’amendement que je suis en train de défendre, d’exclure les supports publicitaires pour les AOP du champ d’application de l’obligation d’afficher le nutriscore. »
pour, sous condition (terroirs) Sandrine Runel, séance« Cette série d’amendements propose que le nutriscore soit désormais affiché sur l’ensemble des produits. »
pour l’obligation Sandrine Runel, séance« nous demandons que le nutriscore soit affiché sur l’ensemble des produits alimentaires. »
pour l’obligation Sandrine Runel, séanceet 4 autres passages ce jour-là
Contribution des annonceurs (3548)34 pour, 2 contre, 3 abstentionsExemption des produits sous signe de qualité (3549)20 pour, 2 contre, 13 abstentionsLogo dans les publicités (3550)33 pour, 2 contre, 3 abstentions3 décembre 2025
« Encore une fois, l’amendement prévoit une exception pour les produits AOP et IGP, ce qui devrait permettre un vote consensuel. »
pour, sous condition (terroirs) Sandrine Runel, séance« Leur imposer un nutri-score me paraît une erreur fondamentale. »
contre l’obligation Christophe Proença, séancePublicités, texte insoumis (4512)3 pour, 9 contre, 30 abstentionsPublicités, texte MoDem (4513)3 pour, 3 contre, 36 abstentionsEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)2 pour, 3 contre, 39 abstentionsEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)44 pour, 0 contre, 2 abstentions5 décembre 2025
« Vous vous êtes opposées à la généralisation du nutri-score, refusant même une seconde délibération, alors que ce dispositif, soutenu par les citoyens et les scientifiques, a des effets directs sur la santé publique »
pour l’obligation Sandrine Runel, séance—
7 octobre 2026
« Je vous demande donc de donner une suite favorable à cette pétition visant à la rendre obligatoire »
pour l’obligation Sandrine Runel, commission« Rendre son affichage obligatoire, c’est garantir la même information pour toutes et tous. »
pour l’obligation Arnaud Simion, commission—
14 octobre 2026
« Si le Nutri‑score est plébiscité, c’est qu’il donne sous une forme simple, lisible et compréhensible des informations sur ce que contiennent les produits »
pour l’obligation Sandrine Runel, commission« Ces amendements visent à rendre obligatoire l’affichage du Nutri‑score sur les emballages de produits alimentaires, à l’exception de ceux bénéficiant d’une AOP ou d’une IGP. »
pour, sous condition (terroirs) Sandrine Runel, commission—
22 octobre 2026
« Le nutri-score est la seule mesure conçue par des scientifiques et travaillée par des organismes publics. »
pour l’obligation Sandrine Runel, séance« Nous avons beaucoup travaillé pour exclure du nutri-score les produits AOP et IGP, les produits de nos terroirs »
pour, sous condition (terroirs) Sandrine Runel, séancePublicités, texte insoumis (9049)0 pour, 0 contre, 10 abstentionsPublicités, sauf AOP et IGP (9050)10 pour, 0 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)10 pour, 0 contre
LIOT 3 orateurs, 5 passages
19 octobre 2024
« utiliser le Nutri-score, qui contribue réellement à l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits et, surtout, à la responsabilisation du consommateur. »
l’outil : favorable Charles de Courson, commission—
4 novembre 2024
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Logo dans les publicités (229)2 pour, 0 contre8 novembre 2024
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Taxe sur les publicités (359)2 pour, 3 contre22 octobre 2025
« Les nutriscores et l’information sont plus efficaces que des taxes. »
l’outil : favorable Charles de Courson, commission—
7 novembre 2025
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Contribution des annonceurs (3548)1 pour, 1 contre, 1 abstentionExemption des produits sous signe de qualité (3549)3 pour, 0 contreLogo dans les publicités (3550)2 pour, 1 contre3 décembre 2025
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Publicités, texte insoumis (4512)0 pour, 3 contre, 1 abstentionPublicités, texte MoDem (4513)0 pour, 3 contre, 1 abstentionEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)0 pour, 3 contre, 1 abstentionEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)0 pour, 2 contre, 1 abstention22 octobre 2026
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Publicités, texte insoumis (9049)0 pour, 2 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)2 pour, 0 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)2 pour, 0 contre
MoDem 7 orateurs, 32 passages
4 novembre 2024
« Le premier d’entre eux tend ainsi à rendre obligatoire, pour les industriels, l’affichage du nutri-score sur leurs produits : c’est une mesure d’information essentielle pour nos concitoyens. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, séance« le nutri-score est seulement un élément d’information parmi d’autres. »
l’outil : favorable Philippe Vigier, séance« quand ils achètent un produit, ils regardent le nutri-score et ils ont l’information sur les risques. »
l’outil : favorable Philippe Vigier, séanceLogo dans les publicités (229)7 pour, 0 contre8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)0 pour, 3 contre, 1 abstention29 octobre 2025
« C’est pourquoi il est important d’afficher le nutri‑score dans les publicités. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, commission« le nutri‑score permet un choix éclairé du consommateur. »
l’outil : favorable Philippe Vigier, commission« Le nutri‑score présente l’intérêt d’informer. »
pour, sous condition (terroirs) Cyrille Isaac-Sibille, commissionet 1 autre passage ce jour-là
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7 novembre 2025
« la bataille du nutriscore, qui a son intérêt du point de vue de l’information du consommateur, se mène à l’échelon européen. »
l’outil : favorable Marc Fesneau, séance« Avec le nutriscore, il s’agit d’informer et non de taxer. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, séance« Imposons le nutriscore aux produits industriels et respectons ces artisans qui composent la France »
pour, sous condition (terroirs) Richard Ramos, séanceet 1 autre passage ce jour-là
Contribution des annonceurs (3548)2 pour, 9 contre, 2 abstentionsExemption des produits sous signe de qualité (3549)8 pour, 2 contreLogo dans les publicités (3550)2 pour, 8 contre, 2 abstentions29 novembre 2025
« Le nutri-score est un outil de prévention s’inscrivant dans une logique de maîtrise des coûts. »
pour l’obligation Anne Bergantz, commission« Je suis favorable à la généralisation du nutri‑score, mais j’entends vos arguments, monsieur le rapporteur général. »
pour, sous condition Nicolas Turquois, commission—
3 décembre 2025
« pour être pleinement efficace, il doit figurer sur l’emballage de tous les aliments. »
pour l’obligation Anne Bergantz, séance« Il faut le développer et non le généraliser. »
contre l’obligation Nicolas Turquois, séance« Je suis donc défavorable à sa généralisation. »
contre l’obligation Nicolas Turquois, séanceet 1 autre passage ce jour-là
Publicités, texte insoumis (4512)3 pour, 10 contre, 1 abstentionPublicités, texte MoDem (4513)10 pour, 1 contre, 3 abstentionsEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)2 pour, 10 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)4 pour, 6 contre, 1 abstention15 juillet 2026
« bienvenue parmi ceux qui souhaitent rendre obligatoire l’affichage du Nutriscore »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, commission—
14 octobre 2026
« je me réjouis par avance de votre soutien à mon amendement sur le Nutri‑score qui, lui, est une mesure d’information. »
l’outil : favorable Cyrille Isaac-Sibille, commission« c’est sans doute le meilleur outil pour réduire l’incidence des maladies chroniques. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, commission« Rendre obligatoire le Nutri‑score, c’est contribuer à éviter que nos concitoyens tombent malades. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, commission—
22 octobre 2026
« C’est la moindre des choses que l’ensemble de nos concitoyens soient informés de la qualité nutritionnelle de ce qu’ils achètent et consomment. »
l’outil : favorable Cyrille Isaac-Sibille, séance« L’intérêt de rendre obligatoire l’affichage du nutri-score dans la publicité et d’instaurer une taxe en cas de non-respect de cette obligation est précisément de faire en sorte que les déterminants commerciaux soient favorables à la santé de nos concitoyens. »
pour l’obligation Cyrille Isaac-Sibille, séance« Beaucoup de nos compatriotes sont d’ailleurs favorables au nutri-score. »
l’outil : favorable Cyrille Isaac-Sibille, séanceet 3 autres passages ce jour-là
Publicités, texte insoumis (9049)0 pour, 7 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)7 pour, 0 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)9 pour, 0 contre
EPR 6 orateurs, 22 passages
23 octobre 2024
« Le nutri-score est certes un outil incontournable, mais dans mon département de l’Aveyron, qui est très fier de ses appellations d’origine protégée et contrôlée, il est considéré comme néfaste pour certains produits »
l’outil : réserves Jean-François Rousset, commission—
4 novembre 2024
« Il ne faut donc pas qu’ils soient soumis à une obligation d’affichage du nutri-score »
pour, sous condition (entreprises, terroirs) Jean-François Rousset, séanceLogo dans les publicités (229)3 pour, 13 contre8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)2 pour, 9 contre13 novembre 2024
« Notre formule de nutriscore est vertueuse par rapport aux formules utilisées dans certains pays »
l’outil : favorable Eléonore Caroit, commission—
29 octobre 2025
« Le nutri‑score est un instrument d’intérêt général mais il faudrait en enlever ce qui n’a pas lieu d’y être »
l’outil : réserves Jean-François Rousset, commission—
7 novembre 2025
« Plus de 6 000 produits ont ainsi vu leur recette modifiée à la suite de la création du nutriscore ! »
l’outil : favorable Anne Genetet, séance« Ce sous-amendement, soutenu par des parlementaires de plusieurs groupes, vous invite à dispenser de l’obligation d’apposition du nutriscore les produits bénéficiant d’un label national ou européen officiel de qualité et d’origine. »
pour, sous condition (terroirs) Jean-François Rousset, séance« Contrairement à ce qui vient d’être dit, le nutriscore est une très bonne idée. »
pour l’obligation Camille Galliard-Minier, séanceContribution des annonceurs (3548)4 pour, 28 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)11 pour, 19 contreLogo dans les publicités (3550)3 pour, 23 contre, 2 abstentions29 novembre 2025
« Il est bon que certains produits de nos terroirs soient exonérés de l’obligation comme le propose Jean-François Rousset. »
pour, sous condition (terroirs) Camille Galliard-Minier, commission—
3 décembre 2025
« Il vise à rétablir la disposition votée lors de la première lecture pour exempter de l’obligation d’affichage du nutri-score les produits de nos terroirs »
pour, sous condition (terroirs) Jean-François Rousset, séance« Nous ne sommes pas opposés à l’affichage du nutri-score pour informer les consommateurs au sujet des produits ultratransformés ou, par exemple, des pizzas industrielles, mais il ne faut pas tout confondre. »
l’outil : réserves Jean-François Rousset, séance« Ainsi, l’argument selon lequel il faudrait attendre que l’Europe bouge pour déployer le nutri-score est infondé. »
l’outil : favorable Agnès Pannier-Runacher, séancePublicités, texte insoumis (4512)13 pour, 18 contre, 3 abstentionsPublicités, texte MoDem (4513)28 pour, 10 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)13 pour, 24 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)25 pour, 10 contre7 octobre 2026
« les produits de nos terroirs protégés par une appellation d’origine protégée (AOP) ou une indication géographique protégée (IGP) doivent être exclus de l’obligation d’étiquetage »
pour, sous condition (terroirs) Jean-François Rousset, commission—
14 octobre 2026
« Je préciserai simplement que nos amendements prévoient une exception pour les produits faisant l’objet d’une AOP ou d’une IGP. »
pour, sous condition (terroirs) Jean-François Rousset, commission« Quant au Planet-score, il ne peut se substituer au Nutri‑score : ces deux indicateurs sont complémentaires l’un de l’autre. »
l’outil : favorable Agnès Pannier-Runacher, commission—
22 octobre 2026
« C’est pourquoi je défends cet amendement, qui vise à exclure les AOP et les IGP de l’obligation d’affichage du nutri-score. »
pour, sous condition (terroirs) Jean-François Rousset, séance« l’ensemble de la population a besoin du nutri-score sur le plan pédagogique pour éviter les dégâts à long terme de la malbouffe. »
pour l’obligation Jean-François Rousset, séancePublicités, texte insoumis (9049)6 pour, 2 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)6 pour, 2 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)8 pour, 1 contre
Horizons 4 orateurs, 4 passages
4 novembre 2024
« il vise à rendre obligatoire l’inscription du nutri-score. »
pour l’obligation Frédéric Valletoux, séanceLogo dans les publicités (229)2 pour, 1 contre8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)0 pour, 5 contre7 novembre 2025
« Si ces sous-amendements ne sont pas adoptés, le nutriscore ne doit pas devenir obligatoire. »
pour, sous condition (calcul, terroirs) Anne-Cécile Violland, séance« sans remettre en cause le bien-fondé du nutriscore, qu’il est important de prendre en considération les spécificités du média radio »
pour, sous condition (entreprises) Béatrice Piron, séanceContribution des annonceurs (3548)1 pour, 9 contre, 1 abstentionExemption des produits sous signe de qualité (3549)10 pour, 0 contreLogo dans les publicités (3550)0 pour, 10 contre3 décembre 2025
—
Publicités, texte insoumis (4512)0 pour, 11 contre, 1 abstentionPublicités, texte MoDem (4513)1 pour, 11 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)1 pour, 11 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)2 pour, 10 contre7 octobre 2026
« Rappelons toutefois que l’imposition du Nutri‑score ne peut être envisagée indépendamment de l’échelle européenne. »
pour, sous condition (Europe) Pierre Marle, commission—
22 octobre 2026
—
Publicités, texte insoumis (9049)1 pour, 4 contre, 1 abstentionPublicités, sauf AOP et IGP (9050)2 pour, 4 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)2 pour, 1 contre, 1 abstention
Droite républicaine 8 orateurs, 33 passages
4 novembre 2024
« Le nutri-score a un intérêt ; mais il a également des limites, et j’ai quelques réserves à son endroit. »
l’outil : réserves Thibault Bazin, séance« J’émets donc un avis favorable à l’amendement de M. Guedj, précisé par les sous-amendements identiques nos 2376 et 2381 »
pour, sous condition (Europe, terroirs) Yannick Neuder, séanceLogo dans les publicités (229)1 pour, 3 contre, 2 abstentions8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)0 pour, 3 contre22 octobre 2025
« Il vaudrait pourtant mieux adapter aux ultratransformés le nutriscore, qui est un bon exemple de coopération entre les industriels et les pouvoirs publics, plutôt que de majorer la taxe sur les publicités télévisées. »
l’outil : réserves Philippe Juvin, commission—
29 octobre 2025
« il n’est pas utile de les simplifier en attribuant des notes A, B, C ou D. »
contre l’obligation Justine Gruet, commission« Le nutri‑score est un outil pédagogique mais il ne doit pas servir à se donner bonne conscience. »
l’outil : réserves Justine Gruet, commission—
7 novembre 2025
« Nous venons de voter – je n’y étais pas favorable – une taxe sur le chiffre d’affaires des industriels qui n’affichent pas le nutriscore sur leurs produits. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« cette taxe sur les dépenses de publicité me paraît tout à fait malvenue. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« si l’on vous suit, demain, le Coca-Cola sans sucres aura un meilleur nutriscore que le fromage du Cantal ou le picodon ! »
l’outil : défavorable Vincent Descoeur, séanceet 2 autres passages ce jour-là
Contribution des annonceurs (3548)0 pour, 14 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)13 pour, 0 contre, 1 abstentionLogo dans les publicités (3550)1 pour, 12 contre29 novembre 2025
« Le nutri-score ne tient pas compte des proportions dans lesquelles sont consommés les produits »
contre l’obligation Justine Gruet, commission—
3 décembre 2025
« L’article initial pose plusieurs problèmes. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« Pour toutes ces raisons, je suis défavorable à l’ensemble des amendements »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« de grâce, épargnons les produits AOP, IGP, Label rouge »
l’outil : réserves Fabrice Brun, séanceet 1 autre passage ce jour-là
Publicités, texte insoumis (4512)0 pour, 20 contrePublicités, texte MoDem (4513)4 pour, 15 contre, 1 abstentionEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)0 pour, 20 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)1 pour, 16 contre, 2 abstentions4 décembre 2025
« Il est donc très important de traiter ce problème, mais pas dans le cadre d’un PLFSS, à moins de modifier notre cadre organique. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance—
15 juillet 2026
« Vous faites du Nutriscore, que vous persistez à vouloir rendre obligatoire, et de la TVA différenciée selon les catégories de produits, deux des mesures phares de cette stratégie préventive »
sans position retenue Thibault Bazin, commission—
22 octobre 2026
« Or vous proposez de créer une taxe sanctionnant le non-respect d’une obligation qui n’existe pas et qui, en l’état du droit européen, ne peut pas être instaurée. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« cette mesure ne serait absolument pas adaptée à nos circuits locaux, car elle ferait peser une charge trop lourde sur les petits producteurs. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séance« le Conseil constitutionnel nous interdit de créer une obligation dans le PLFSS ; ce serait un cavalier législatif. »
contre l’obligation Thibault Bazin, séanceet 1 autre passage ce jour-là
Publicités, texte insoumis (9049)0 pour, 7 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)0 pour, 7 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)1 pour, 6 contre
UDR 1 orateur, 1 passages
4 novembre 2024
—
Logo dans les publicités (229)0 pour, 5 contre8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)0 pour, 4 contre7 novembre 2025
« Le nutriscore est une fausse bonne idée, d’autant plus s’il est obligatoire. »
contre l’obligation Alexandre Allegret-Pilot, séanceContribution des annonceurs (3548)0 pour, 7 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)3 pour, 4 contreLogo dans les publicités (3550)0 pour, 6 contre, 1 abstention3 décembre 2025
—
Publicités, texte insoumis (4512)0 pour, 4 contrePublicités, texte MoDem (4513)0 pour, 4 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)0 pour, 4 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)0 pour, 4 contre22 octobre 2026
—
Publicités, texte insoumis (9049)0 pour, 3 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)0 pour, 3 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)0 pour, 4 contre
RN 7 orateurs, 21 passages
23 octobre 2024
« il me semblerait important d’en reparler pour ne pas imposer le nutri-score, qui ne suffit pas. »
contre l’obligation Joëlle Mélin, commission« le nutri-score en particulier est trop simpliste et restreint la liberté des gens. »
l’outil : défavorable Joëlle Mélin, commission—
4 novembre 2024
« le nutri-score n’est pas le bon indicateur car il présente deux défauts. »
l’outil : défavorable Joëlle Mélin, séance« Nous nous opposons donc à l’obligation d’afficher le nutri-score, que les textes européens écartent pour l’instant »
contre l’obligation Joëlle Mélin, séance« Quant au nutri-score lui-même, sa pertinence est discutable »
contre l’obligation Julie Lechanteux, séanceLogo dans les publicités (229)0 pour, 46 contre, 1 abstention8 novembre 2024
—
Taxe sur les publicités (359)0 pour, 66 contre29 octobre 2025
« le nutri‑score peut se révéler contre-productif. »
contre l’obligation Joëlle Mélin, commission—
7 novembre 2025
—
Contribution des annonceurs (3548)0 pour, 68 contreExemption des produits sous signe de qualité (3549)0 pour, 67 contreLogo dans les publicités (3550)0 pour, 68 contre3 décembre 2025
« Le nutri-score est un outil utile mais scientifiquement perfectible. »
contre l’obligation Sandrine Dogor-Such, séance« Instaurer une obligation nationale isolée risque de créer une insécurité juridique et une distorsion du marché, alors même qu’une norme européenne contraignante est attendue. »
contre l’obligation Sandrine Dogor-Such, séancePublicités, texte insoumis (4512)0 pour, 70 contrePublicités, texte MoDem (4513)0 pour, 69 contreEmballages, texte insoumis et écologiste (4514)0 pour, 70 contreEmballages, texte socialiste et MoDem (4515)0 pour, 70 contre7 octobre 2026
« Nous n’y sommes en rien opposés, mais nous constatons qu’il est mal défini et appelons à le réformer afin qu’il puisse remplir pleinement ses objectifs. »
l’outil : réserves Serge Muller, commission—
14 octobre 2026
« Un Nutri‑score A sur des frites surgelées est trompeur »
l’outil : défavorable Joëlle Mélin, commission« Nous nous opposons à l’obligation d’afficher cet indicateur qui donne une vision réductrice de la qualité nutritionnelle et impose des sanctions financières à ceux qui refusent de l’apposer. »
contre l’obligation Sandrine Dogor-Such, commission—
22 octobre 2026
« Je vous en supplie : avancez un peu, passez au planet-score ! »
l’outil : défavorable Joëlle Mélin, séance« il faut sans doute, quoi qu’il arrive, les informer mais pas avec une méthode incomplète, qui cache les éléments transformés. »
l’outil : défavorable Joëlle Mélin, séance« Donc, vive le planet-score, qui est beaucoup plus performant ! »
l’outil : défavorable Sandrine Dogor-Such, séancePublicités, texte insoumis (9049)0 pour, 50 contrePublicités, sauf AOP et IGP (9050)0 pour, 50 contreEmballages, sauf AOP et IGP (9052)0 pour, 51 contre
Aux deux extrémités, les paroles et les votes concordent. Au centre, les votes varient : les orateurs du MoDem et d’Horizons défendent l’obligation, souvent sous condition, et leur groupe vote contre à six et huit des dix scrutins ; EPR vote contre en 2024 et 2025, puis pour en 2026.
pourpour, sous conditioncontreabstentiongroupe partagé
Aux deux extrémités, les paroles et les votes concordent. Les orateurs écologistes défendent l’obligation, et leur groupe vote pour aux dix scrutins. Les insoumis aussi, à une exception près : le 7 novembre 2025, tout le groupe vote contre une rédaction qui passait par une contribution inscrite au code des impôts, puis pour une rédaction voisine quelques minutes plus tard. À l’autre bout, les orateurs de la Droite républicaine se disent contre ou posent des conditions, et le groupe vote contre aux dix scrutins ; ceux du RN et de l’UDR se disent contre, et leurs groupes votent contre aux dix.
Au centre, des votes qui varient. Les orateurs du MoDem défendent l’obligation (12 positions pour, 6 sous condition, 2 contre), mais le groupe vote contre à 6 des dix scrutins ; ceux d’Horizons la soutiennent, le plus souvent sous condition, et le groupe vote contre à 8 des dix. EPR, dont les orateurs demandent surtout l’exemption des produits de terroir, vote contre en 2024 et en novembre 2025, se partage en décembre selon l’auteur du texte, puis vote pour aux trois scrutins d’octobre 2026. C’est au centre que les votes bougent, avec les textes et leur portage (section 2.3). Les orateurs socialistes, enfin, défendent l’obligation, et leur groupe vote pour six fois ; les quatre autres fois, il s’abstient, chaque fois sur un texte venu d’un autre groupe (section 1.3).
Au RN, des mots qui s’ouvrent sur l’outil, pas sur l’obligation. Aucun orateur du RN ne s’est dit pour l’obligation. Sur l’outil lui-même, le ton change : en 2024, Joëlle Mélin déclare « Nous nous opposons donc à l’obligation d’afficher le nutri-score » ; en décembre 2025, Sandrine Dogor-Such juge le logo « utile mais scientifiquement perfectible » ; le 7 octobre 2026, Serge Muller déclare pour son groupe « Nous n’y sommes en rien opposés » ; le 22 octobre, Joëlle Mélin : « Je n’ai jamais dit que j’étais contre le nutri-score ». Les votes, eux, ne bougent pas : aucun suffrage pour aux douze scrutins depuis 2024, y compris sur la taxe et l’exemption, avec une seule abstention individuelle. Serge Muller parlait d’une décision de procédure, ne pas classer la pétition, et demandait dans la même intervention de « réviser les critères du Nutri-score ». Certaines déclarations défendent ainsi l’utilité du logo ou son examen, tout en demandant sa réforme. Ce parcours ne suffit pas à établir une contradiction entre un engagement à soutenir et un vote contraire (section 2.4, et section 4.1 pour ce qui se dit hors de l’hémicycle).
1.3 Ailleurs, des écarts de groupe
Les écarts entre parole et vote existent, mais surtout chez ceux qui défendent l’obligation. Nous avons pu comparer 230 couples élu–scrutin, pour 40 élus qui avaient dit leur position. Sous ces règles, 26 votes s’écartent de la position dite, chez 14 élus : 16 à gauche, 5 au centre, 5 à droite, aucun au RN. La moitié (13 sur 26) reposent sur une parole de plus de six mois. Et 22 de ces 26 votes suivent la majorité du groupe de l’élu ce jour-là : ce sont des écarts de groupe, ce qui ne prouve pas une consigne. Ces chiffres décrivent les rapprochements possibles dans le corpus ; ce ne sont pas 26 contradictions également établies. La figure 2 mesure ces distances de trois façons : par groupe, entre ce que disent ses orateurs et ce que vote le groupe ; par orateur, la part de ses votes qui s’écartent de ce qu’il a dit ; par famille. Les exemptions défendues puis suivies d’un vote contre sont présentées à part (section 2.2).
Le cas le plus visible est socialiste. Le 3 décembre 2025, le groupe s’abstient très majoritairement sur les trois textes venus d’autres groupes, insoumis ou MoDem (30, 36 et 39 abstentions), puis vote à 44 voix celui de Sandrine Runel. Ces abstentions ne tiennent pas à l’exemption : les trois textes contenaient la même que le sien, celle des produits sous signe de qualité. Le 22 octobre 2026, ses dix députés qui votent s’abstiennent sur la rédaction insoumise, qui ne prévoyait pas d’exemption, puis votent la leur. Nous n’avons pas retrouvé d’explication de ces abstentions dans les comptes rendus examinés.
Les quatre écarts individuels sont ceux de Frédéric Valletoux, deux abstentions là où Horizons vote contre (il est donc plus près de ses paroles que son groupe), de Jérôme Guedj, qui s’abstient sur le texte socialiste du 3 décembre, et de Loïc Prud’homme, seul insoumis à voter contre ce même texte. Ce jour-là, Loïc Prud’homme avait critiqué l’exemption des produits sous appellation ; il venait pourtant de voter les trois textes précédents, qui la contenaient.
Où les paroles et les votes s’écartent-ils ?
Trois façons de mesurer la distance entre ce qui est dit et ce qui est voté, avec les mêmes règles pour tous : entre les paroles des orateurs et le vote de leur groupe, orateur par orateur, et par famille politique.
Par groupe
Le disque turquoise marque la part des positions favorables à l’obligation chez les orateurs du groupe ; le disque bleu, la part des dix scrutins où le groupe a voté pour. L’écart est en points ; il est négatif quand le groupe vote plus favorablement que ses orateurs ne parlent.
- MoDem20 positionsécart de 50 pointsécart de 20 pointsdit favorable 90 % (pour seul : 60 %), vote pour 40 %
- EPR11 positionsécart de 50 pointsécart de −32 pointsdit favorable 100 % (pour seul : 18 %), vote pour 50 %
- Socialistes28 positionsécart de 36 pointsécart de −6 pointsdit favorable 96 % (pour seul : 54 %), vote pour 60 %
- Droite républicaine21 positionsécart de 24 pointsécart de 0 pointsdit favorable 24 % (pour seul : 0 %), vote pour 0 %
- Insoumis11 positionsécart de 10 pointsécart de 10 pointsdit favorable 100 % (pour seul : 100 %), vote pour 90 %
- Écologistes26 positionsécart de 0 pointsécart de −8 pointsdit favorable 100 % (pour seul : 92 %), vote pour 100 %
- RN7 positionsécart de 0 pointsécart de 0 pointsdit favorable 0 % (pour seul : 0 %), vote pour 0 %
- Horizons4 positionsécart de 80 pointsécart de 5 points peu de positionsdit favorable 100 % (pour seul : 25 %), vote pour 20 %
- LIOT1 positionécart de 60 pointsécart de 60 points peu de positionsdit favorable 100 % (pour seul : 100 %), vote pour 40 %
- UDR1 positionécart de 0 pointsécart de 0 points peu de positionsdit favorable 0 % (pour seul : 0 %), vote pour 0 %
Ces scores dépendent de la définition retenue. Si l’on ne compte pas les soutiens sous condition comme favorables, l’écart diminue fortement pour Horizons et la Droite républicaine, et change de sens pour EPR et les socialistes. Nous utilisons donc cette vue pour repérer des parcours à examiner, pas pour classer la sincérité des groupes. Les groupes à moins de cinq positions sont placés à part.
ses orateurs disent favorablele groupe vote pour
Par orateur
Chaque ligne rapproche les votes d’un élu des positions qu’il avait exprimées sur l’obligation. La barre entière vaut tous ses votes comparés ; la partie colorée, ceux qui s’en écartent, selon que l’écart suit la majorité du groupe ou s’en sépare. L’ancienneté des paroles et les mises au point sont indiquées.
- Yannick NeuderDroite rép.3 sur 5 votes comparés3 sur une parole de plus de six mois ; 1 vote rectifié par une mise au point
- Mélanie ThominPS3 sur 6 votes comparés
- Elie CaliferPS1 sur 2 votes comparés
- Arthur DelaportePS3 sur 7 votes comparés3 sur une parole de plus de six mois
- Anne BergantzMoDem2 sur 5 votes comparés
- Jérôme GuedjPS4 sur 11 votes comparés4 sur une parole de plus de six mois
- Arnaud SimionPS1 sur 3 votes comparés
- Loïc Prud'hommeLFI1 sur 4 votes comparés
- Frédéric ValletouxHorizons2 sur 9 votes comparés2 sur une parole de plus de six mois
- Jean-François RoussetEPR2 sur 10 votes comparés
- Cyrille Isaac-SibilleMoDem1 sur 6 votes comparés
- Hadrien ClouetLFI1 sur 6 votes comparés1 sur une parole de plus de six mois
- Sandrine RunelPS1 sur 7 votes comparés
- Élise LeboucherLFI1 sur 9 votes comparés
écart qui suit le groupeécart individuel
À part : une exemption défendue, puis un vote contre le texte qui la contient
Demander une exemption n’engage pas à soutenir le texte qui la reprend : ce n’est pas, sans engagement explicite, une contradiction établie. Ces votes ne sont donc pas comptés ci-dessus.
- Danielle Brulebois (EPR) : 5 votes contre un texte qui contenait l’exemption défendue, sur 5 votes comparés
- Vincent Descoeur (Droite rép.) : 4 votes contre un texte qui contenait l’exemption défendue, sur 6 votes comparés
Par famille
Le nombre de couples élu–scrutin où le vote s’écarte de la position dite, par famille politique : 26 sur 230 couples comparés, chez 14 des 40 élus.
- Gauche25 orateurs16 écarts : 14 de groupe, 2 individuels
- Centre13 orateurs5 écarts : 5 de groupe, 0 individuel
- Droite12 orateurs5 écarts : 3 de groupe, 2 individuels
- RN et alliés8 orateursaucun écart (4 orateurs ont dit leur position, tous contre)
écart de groupeécart individuel
Avec la première mesure, l’écart est le plus grand au centre et nul aux extrémités. Il dépend pourtant de la façon de compter les soutiens sous condition : sans eux, il diminue fortement pour Horizons et change de sens pour EPR et les socialistes.
1.4 Quitter son groupe pour rester fidèle à ses mots
L’inverse se vérifie aussi. Sur 34 votes où un orateur se sépare de la majorité de son groupe, 21 sont conformes à ce qu’il avait dit, et 4 seulement s’en écartent. Dans 20 de ces 21 cas, un député du centre ou de la droite vote l’obligation quand son groupe vote contre : Frédéric Valletoux et Richard Ramos (cinq fois chacun), Anne-Cécile Violland, Cyrille Isaac-Sibille et Yannick Neuder (deux fois chacun), et quatre autres une fois. Quand un député qui a parlé quitte la ligne de son groupe, c’est le plus souvent pour voter comme il a parlé.
Les mots indiquent une position, mais aussi des réserves. Pour comprendre les votes, il faut suivre ce que deviennent ces réserves dans le texte. Nous examinons maintenant les modifications demandées, celles qui sont adoptées et les votes qui suivent.
2. Ce qu’ils obtiennent, ce qu’ils votent
2.1 Ce que le débat a changé, et ce qui a suivi
Le débat change les textes. Nous avons documenté cinq étapes, de 2024 à 2026, où une exemption demandée pour les produits de qualité est entrée dans un texte adopté ou mis aux voix (figure 3) : en novembre 2024 et en décembre 2025, par des sous-amendements adoptés juste avant le vote ; le 7 novembre 2025, sur le texte des emballages, adopté à main levée ; le 29 novembre 2025, en commission, sur le texte des publicités ; en octobre 2026, dès la commission, dans les amendements eux-mêmes. La portée change selon les versions : une liste de signes de qualité renvoyée à un décret en 2024 et 2025, les seules AOP et IGP en 2026. Les demandes venaient surtout du centre et de la droite : Jean-François Rousset et Danielle Brulebois (EPR), Vincent Descoeur, Fabrice Brun et Thibault Bazin (Droite républicaine), Richard Ramos (MoDem), Anne-Cécile Violland (Horizons).
Le débat a-t-il changé les textes, et qu’a-t-on voté ensuite ?
Les cinq étapes documentées où une exemption demandée pour les produits de qualité est entrée dans un texte adopté ou mis aux voix, en séance ou en commission, et les votes qui ont suivi. Pour chaque scrutin public, le vote de ceux qui avaient demandé ou défendu l’exemption ; un vote à main levée ne permet pas d’attribuer une position individuelle.
4 novembre 2024Budget de la Sécurité sociale pour 2025
Modification adoptée exemption des produits sous signe de qualité, sur les publicités : 2376 (Jean-François Rousset), 2381 (Danielle Brulebois), sans scrutin public.
Texte mis aux voix amendements 198 et 1737 (Jérôme Guedj, Sabrina Sebaihi).
Ce qui a suivi
229 : 71 pour, 68 contre, adopté
- Jean-François Roussetscrutins 229 contre
- Danielle Bruleboisscrutins 229 contre
- Thibault Bazinscrutins 229 contre
- Yannick Neuderscrutins 229 pour
7 novembre 2025Budget de la Sécurité sociale pour 2026, première lecture
Modification adoptée exemption des produits sous signe de qualité, sur les emballages : 2585 (Jean-François Rousset), à main levée.
Texte mis aux voix amendements 508 et 1801 (Sandrine Runel, Boris Tavernier), adoptés à main levée.
Ce qui a suivi
Texte adopté à main levée : pas de vote nominatif. Le Sénat supprime ensuite la mesure.
29 novembre 2025Budget de la Sécurité sociale pour 2026, nouvelle lecture en commission
Modification adoptée exemption des produits sous signe de qualité, sur les publicités : AS585 (Jean-François Rousset), AS183 (Élise Leboucher), en commission, l’amendement d’Élise Leboucher étant adopté juste après.
Texte mis aux voix l’amendement AS183 d’Élise Leboucher, sous-amendé, adopté en commission.
Ce qui a suivi
Adopté en commission, sans vote nominatif. En séance, le 3 décembre, les textes sont rejetés (étape suivante).
3 décembre 2025Budget de la Sécurité sociale pour 2026, nouvelle lecture
Modification adoptée exemption des produits sous signe de qualité (déjà écrite dans le 235), sur les publicités et emballages : 1013 (Jean-François Rousset), 1014 (Jean-François Rousset), 1012 (Jean-François Rousset), à main levée.
Texte mis aux voix amendements 560, 678 rectifié, 505 et 731, puis 235 et 677.
Ce qui a suivi
4512 : 60 pour, 147 contre, rejeté · 4513 : 87 pour, 118 contre, rejeté · 4514 : 59 pour, 147 contre, rejeté · 4515 : 117 pour, 120 contre, rejeté
- Jean-François Roussetscrutins 4512 contre · 4513 pour · 4514 pour · 4515 pour
- Vincent Descoeurscrutins 4512 contre · 4513 contre · 4514 contre · 4515 contre
- Fabrice Brunscrutins 4512 contre · 4513 contre · 4514 contre · 4515 contre
- Thibault Bazinscrutins 4512 contre · 4513 contre · 4514 contre · 4515 contre
- Yannick Neuderscrutins 4512 contre · 4513 pour · 4514 contre · 4515 contre
14 octobre 2026Budget de la Sécurité sociale pour 2027, commission puis séance du 22 octobre
Modification adoptée exemption des AOP et IGP, écrite dans le texte, sur les publicités et emballages : AS33 (Sandrine Runel), AS185 (Jean-François Rousset), AS1272 (Sabrina Sebaihi), AS2 (Cyrille Isaac-Sibille), AS34 (Sandrine Runel), AS186 (Jean-François Rousset), AS1273 (Sabrina Sebaihi), en commission, par deux séries d’amendements identiques (emballages, puis publicités).
Texte mis aux voix amendements identiques mis aux voix le 22 octobre (90 et 89 et leurs identiques).
Ce qui a suivi
9050 : 54 pour, 66 contre, rejeté · 9052 : 62 pour, 63 contre, rejeté
- Jean-François Roussetscrutins 9050 pour · 9052 pour
- Anne-Cécile Viollandscrutins 9050 pour · 9052 pour
- Thibault Bazinscrutins 9050 contre · 9052 contre
- Justine Gruetscrutins 9050 contre · 9052 contre
Le débat a bien modifié les textes dans le sens demandé. Ceux qui l’avaient demandé n’ont pas tous soutenu le texte ensuite : Jean-François Rousset vote le plus souvent pour ; à droite, on vote surtout contre.
pourcontreabstentionpas de vote
La portée change selon les versions : en 2024 et 2025, une liste de signes de qualité renvoyée à un décret ; en octobre 2026, les seules AOP et IGP. Cette évolution ne répond pas aux réserves sur le calcul ou sur les petits producteurs.
Ceux qui avaient demandé ces exemptions ont-ils ensuite voté le texte ? Sur 13 cas où un député obtient avant le vote principal l’exemption qu’il demandait, 5 votent pour, 4 contre, et 4 ne votent pas.
Les quatre refus sont ceux de Thibault Bazin et de Danielle Brulebois le 4 novembre 2024, puis de Jean-François Rousset et de Vincent Descoeur le 3 décembre 2025. Ce ne sont pas des promesses non tenues : aucun d’eux ne s’était engagé à voter le texte une fois l’exemption acquise, et tous gardaient d’autres objections, sur le calcul ou sur la taxe. Le texte du 4 novembre 2024 est d’ailleurs adopté malgré ces refus (71 pour, 68 contre). Deux des quatre refus viennent de la Droite républicaine, deux d’EPR. La section suivante suit ces votes sur un plus grand nombre de députés.
2.2 À droite, l’exemption votée, puis le texte refusé
Le 7 novembre 2025, l’Assemblée vote sur une exemption, et c’est le seul vote nominatif sur l’une d’elles : le sous-amendement de Vincent Descoeur, qui exempte les produits « bénéficiant d’un signe national ou européen de qualité » (scrutin 3549, rejeté par 123 voix contre 69). La Droite républicaine le vote sans voix contre (13 pour, 1 abstention), comme Horizons (10 pour) ; les socialistes le votent aussi, en majorité (20 pour, 2 contre, 13 abstentions) ; les écologistes s’abstiennent, le RN et les insoumis votent contre. Le 3 décembre, les quatre textes mis aux voix reprennent cette exemption dans la même formule. On peut donc suivre, député par député, ceux qui l’avaient votée (figure 4).
Les socialistes qui avaient voté l’exemption votent ensuite au moins un des textes qui la contiennent (15 sur 16), comme la plupart des députés MoDem et EPR. À droite, c’est l’inverse : 7 des 8 députés de la Droite républicaine votent contre les quatre, et 3 des 4 d’Horizons. Sur les sept scrutins de 2024 à 2026 dont le texte contenait une exemption, la Droite républicaine vote 7 fois pour et 87 fois contre, Horizons 10 fois pour et 49 fois contre.
Les mots rendent le décalage visible. Le 3 décembre 2025, Fabrice Brun (Droite républicaine) dit comprendre la logique de prévention du Nutri-Score, « mais, de grâce, épargnons les produits AOP, IGP, Label rouge ». Les quatre textes votés le soir même exemptent les produits sous signe de qualité, dont ceux-là, mais pas les mentions « produits de montagne » ou « produits fermiers » qu’il citait aussi : il vote contre les quatre. Vincent Descoeur, qui présentait son exemption comme un compromis (« À l’heure où cette assemblée recherche des compromis, nous en proposons un »), vote contre les quatre textes qui la reprennent. Thibault Bazin, qui l’avait votée, aussi. Au centre, l’inverse existe : Anne-Cécile Violland (Horizons) avait posé l’exemption comme condition, « Si ces sous-amendements ne sont pas adoptés, le nutriscore ne doit pas devenir obligatoire » ; quand elle figure dans le texte, en octobre 2026, elle vote pour.
Ces votes ne permettent pas de décider si l’exemption devait entraîner un accord. Une demande peut fixer une condition nécessaire sans promettre le soutien. Un amendement peut aussi limiter les effets d’un texte auquel son auteur reste opposé. Nous ne qualifions de repli que les cas explicitement présentés ainsi. Ici, nous observons que l’exemption a été défendue, puis que le texte a été refusé. Certaines objections sur le calcul, le champ des produits ou la contribution restent exprimées, et aucun texte ne les levait. Nous ne pouvons pas déduire du seul vote la portée de l’engagement initial. Pour la même raison, la figure 2 présente à part, orateur par orateur, les exemptions défendues puis suivies d’un vote contre.
Voter l’exemption, puis le texte qui la contient ?
Chaque barre compte les députés d’un groupe qui ont voté pour l’exemption des produits sous signe de qualité, le 7 novembre 2025 (scrutin 3549), selon ce qu’ils ont voté le 3 décembre sur les quatre textes qui contenaient la même exemption. Sous chaque valeur, les voix de tout le groupe sur les sept textes de 2024 à 2026 qui contenaient une exemption.
- PS20 pour l’exemption15 pour un texte · 0 contre les quatregroupe : 86 pour, 15 contre
- MoDem8 pour l’exemption2 pour un texte · 0 contre les quatregroupe : 42 pour, 27 contre
- EPR11 pour l’exemption4 pour un texte · 1 contre les quatregroupe : 96 pour, 78 contre
- Horizons10 pour l’exemption1 pour un texte · 3 contre les quatregroupe : 10 pour, 49 contre
- Droite rép.13 pour l’exemption1 pour un texte · 7 contre les quatregroupe : 7 pour, 87 contre
Les socialistes qui ont voté l’exemption votent ensuite un texte qui la contient (15 sur 16). À droite, presque tous votent contre les quatre : 7 sur 8 à la Droite républicaine, 3 sur 4 chez Horizons.
vote pour au moins un texte exemptés’abstient, sans vote pourvote contre les quatrene vote pas le 3 décembre
2.3 Deux dispositifs équivalents, des soutiens différents
Le 3 décembre 2025, deux textes sont mis aux voix à quelques minutes d’intervalle. Le premier (scrutin 4514) est porté par Hadrien Clouet (LFI) et Boris Tavernier (écologiste), et complété juste avant par un sous-amendement de Jean-François Rousset (EPR). Le second (4515), par Sandrine Runel (PS) et Cyrille Isaac-Sibille (MoDem). Une fois le sous-amendement rectifié intégré, leurs dispositifs sont matériellement équivalents : même contribution de 5 % du chiffre d’affaires pour les entreprises qui n’affichent pas le logo, même affectation à l’Assurance maladie, même obligation et même exemption des produits sous signe de qualité. Les portages diffèrent, ainsi que leur place dans la succession des votes.
Le premier recueille 59 voix pour, le second 117. Parmi les 237 députés qui votent aux deux scrutins, 58 rejoignent le pour, dont 40 socialistes et 12 EPR. Un député le quitte. Le gain net parmi ces votants communs est donc de 57 voix (figure 5). Les 70 députés RN votent contre les deux fois. Le second texte est quand même rejeté (117 pour, 120 contre).
C’est la comparaison la plus précise de cette étude pour examiner le portage. Elle en rend le rôle plausible, sans l’isoler. L’ordre des votes, les consignes et la compréhension du sous-amendement rectifié peuvent aussi expliquer une partie de l’écart. Nous n’avons pas retrouvé dans les comptes rendus examinés d’explication qui permette de les départager.
À dispositif équivalent, qui change de vote ?
Les voix pour, groupe par groupe, sur les deux textes du 3 décembre 2025 : le cercle vide pour le premier (texte insoumis et écologiste, complété par un sous-amendement EPR), le disque plein pour le second (texte socialiste et MoDem). Leurs dispositifs sont matériellement équivalents.
- PS2 → 44
- EPR13 → 25
- MoDem2 → 4
- Horizons1 → 2
- Droite rép.0 → 1
- Écologistes14 → 14
- LIOT0 → 0
- UDR0 → 0
- RN0 → 0
- LFI27 → 26
- Non-inscrits0 → 1
De 59 à 117 voix pour. Parmi les 237 députés qui votent aux deux scrutins, 58 rejoignent le pour, dont 40 socialistes et 12 EPR, et un le quitte. Les 70 députés RN votent contre les deux fois.
premier texte (4514)second texte (4515)
2.4 Des demandes qu’aucun texte ne pouvait satisfaire
Le RN n’a obtenu aucune modification dans les séquences étudiées. Parmi les 260 amendements de la législature qui citent explicitement le Nutri-Score, nous retrouvons une demande de rapport, pas une proposition d’instaurer l’obligation. Elle date du 22 octobre 2026 : une demande de rapport sur l’opportunité, « plutôt que d’étendre la fiscalité comportementale », de compléter l’information nutritionnelle par la prise en compte des modes de production et de transformation (amendement 2127 de Joëlle Mélin, rejeté). Ses demandes de réforme du calcul ou de changement d’indicateur ne sont pas satisfaites par les exemptions examinées ici. Les contraintes de recevabilité d’un texte financier limitent aussi les dispositifs qui peuvent y être discutés. L’absence d’un amendement répondant à ces demandes ne suffit donc pas à en juger la sincérité.
Un cas mérite d’être noté. Le 7 octobre 2026, Serge Muller demande de réviser les critères « pour protéger les produits régionaux ». Le 7 novembre 2025, lui et tous les députés RN qui ont voté (67) avaient voté contre l’exemption des produits sous signe de qualité (scrutin 3549) ; le 22 octobre 2026, ils votent contre les deux textes qui exemptaient les AOP et les IGP. Deux précautions : voter contre une exemption peut simplement refuser d’améliorer un texte que l’on rejette en entier ; et la parole de 2026 vient après le vote de 2025.
Le contenu et le portage ne suffisent pas à décrire l’issue d’un vote. Il faut aussi compter les suffrages effectivement exprimés. Le 22 octobre 2026, cette question devient décisive.
3. Qui a pris part aux votes
3.1 Le 22 octobre, 63 voix ont suffi
Le 22 octobre 2026, 126 des 574 députés votent sur l’obligation d’afficher le logo sur les emballages (scrutin 9052). Le texte est rejeté par 63 voix contre 62 : 51 députés RN, 6 de la Droite républicaine, 4 UDR, 1 EPR et 1 Horizons ont voté contre. Les groupes qui ont voté pour comptaient 378 membres ; 64 ont voté (17 %). Ceux qui ont voté contre en comptaient 185 ; 62 ont voté (34 %) (figure 6). Rien ne dit que tous les non-votants des premiers auraient voté pour : en 2025, EPR, le MoDem et Horizons ont souvent voté contre.
Les signataires disent plus clairement ce qui a manqué. Les quatre amendements identiques mis aux voix étaient signés par 148 députés de huit groupes. 28 ont voté, tous pour, dont six par délégation ; 4 ont voté à d’autres scrutins publics de la séance, pas à celui-ci ; 116 n’ont voté à aucun scrutin public de la séance (figure 7). Deux suffrages favorables supplémentaires auraient suffi à faire adopter le texte, toutes les autres voix inchangées : à égalité, un texte est rejeté. Nous ne savons pas comment les signataires qui n’ont pas voté se seraient prononcés.
Au RN, 42 % des membres prennent part à ce vote, contre une médiane de 40 % sur les autres scrutins hors Nutri-Score de la même séance. Cette participation est proche de son niveau de la soirée, comme celle des autres groupes. Sur l’ensemble des 9 066 scrutins de la législature, le RN a la médiane de participation la plus élevée des groupes comparés : 31 %, contre 27 % chez les insoumis, 24 % chez les écologistes, 23 % chez les socialistes et 20 % chez EPR. Cela ne signifie pas qu’il participe le plus à chaque scrutin.
Le 22 octobre 2026, qui a pris part au vote ?
Chaque barre est un groupe, à la mesure de ses membres. La partie colorée montre ceux qui ont pris part au vote, et comment ; la partie claire, ceux qui n’y ont pas pris part.
- RN51 sur 121
- EPR9 sur 90
- LFI18 sur 70
- PS10 sur 68
- Droite rép.7 sur 47
- Écologistes11 sur 38
- MoDem9 sur 37
- Horizons4 sur 35
- LIOT2 sur 23
- UDR4 sur 17
- GDR1 sur 17
- Non-inscrits0 sur 11
62 des 185 membres des groupes qui ont voté contre ont voté (34 %), 64 des 378 membres des groupes qui ont voté pour (17 %).
pourcontreabstentionn’a pas voté
Les signataires ont-ils voté ?
Les 148 députés qui avaient signé les quatre amendements identiques mis aux voix le 22 octobre 2026, et ce qu’ils ont fait ce soir-là. Le repère marque les 63 voix qui ont suffi à rejeter le texte.
28 ont voté, tous pour, dont six par délégation · 4 ont voté à un autre scrutin public de la séance · 116 n’ont voté à aucun scrutin public de la séance
- PS8 sur 65
- Écologistes11 sur 38
- EPR4 sur 25
- MoDem4 sur 11
- Horizons1 sur 5
- LIOT0 sur 2
- Droite rép.0 sur 1
- GDR0 sur 1
Les signataires étaient plus du double des voix contre. Deux suffrages favorables de plus auraient suffi, toutes les autres voix inchangées ; nous ne savons pas comment ceux qui n’ont pas voté se seraient prononcés.
a voté poura voté à un autre scrutin public de la séancen’a voté à aucun scrutin public de la séance
3.2 Un non-vote qui n’est pas sélectif
Les signataires et les orateurs évitent-ils ces votes ? Pour chaque député qui vote au moins une fois dans la séance, nous avons comparé sa participation au vote Nutri-Score et aux autres scrutins publics de la même séance. Le résultat est plutôt l’inverse d’un évitement (tableau 1). Sur onze des douze votes, les députés qui votent dans la séance votent au moins autant sur le Nutri-Score que sur le reste ; les signataires, le plus souvent, davantage encore, et les orateurs du jour presque toujours. Seul le scrutin du 4 novembre 2024 fait exception, mais pour tous : la participation y baisse de 18 points, et de 15 chez les signataires.
Le manque n’est donc pas l’évitement d’un vote, mais le non-vote sur toute la séance : le 22 octobre, 116 des 148 signataires n’ont voté à aucun scrutin public de la soirée, dont 56 des 65 socialistes. Ces non-votes ne sont pas des positions, et ils ne prouvent pas une absence physique : un député peut siéger en commission, être en circonscription, ou ne pas voter en étant dans l’hémicycle.
| Scrutin | Date | Tous les votants de la séance | Signataires | Orateurs du jour : part qui ne vote pas |
|---|---|---|---|---|
| 229 | 4 novembre 2024 | +18 pts | +15 pts (65) | 8 % (13) |
| 359 | 8 novembre 2024 | −8 pts | −22 pts (20) | 0 % (2) |
| 3548 | 7 novembre 2025 | −14 pts | −21 pts (45) | 4 % (22) |
| 3549 | 7 novembre 2025 | −9 pts | −20 pts (6) | 18 % (22) |
| 3550 | 7 novembre 2025 | −10 pts | −15 pts (95) | 9 % (22) |
| 4512 | 3 décembre 2025 | 0 pts | −3 pts (30) | 6 % (16) |
| 4513 | 3 décembre 2025 | −1 pts | — | 6 % (16) |
| 4514 | 3 décembre 2025 | −1 pts | 0 pts (48) | 0 % (16) |
| 4515 | 3 décembre 2025 | 0 pts | −8 pts (53) | 6 % (16) |
| 9049 | 22 octobre 2026 | −10 pts | −1 pts (20) | 0 % (10) |
| 9050 | 22 octobre 2026 | −10 pts | −15 pts (32) | 0 % (10) |
| 9052 | 22 octobre 2026 | −14 pts | −15 pts (32) | 0 % (10) |
3.3 Le 3 décembre 2025, des défections plutôt que des non-votes
Tous les rejets ne tiennent pas au non-vote. Le 3 décembre 2025, le texte socialiste est rejeté par 120 voix contre 117 devant une Assemblée bien plus remplie (243 votants), et les deux camps y votent à parts presque égales. Ce sont des voix du centre et de la droite qui manquent : le MoDem vote contre à 6 voix contre 4, Horizons à 10 contre 2, la Droite républicaine à 16 contre 1, et EPR se partage (25 pour, 10 contre). Un signal plus faible s’y ajoute : parmi les députés qui votent dans la séance, ceux du MoDem, de LIOT et d’EPR ne votent pas sur ce texte plus souvent que sur les autres (MoDem 35 % contre 20 %, LIOT 67 % contre 26 % sur 9 votants de la séance, EPR 33 % contre 25 %). En novembre 2025, enfin, les deux rédactions sur la publicité sont rejetées par de larges majorités (57 pour, 169 contre ; 85 pour, 131 contre).
Les comptes rendus et les scrutins donnent la trace parlementaire. Les entretiens et les émissions apportent d’autres formulations. Nous les rapprochons des votes avec la même précaution : défendre un outil, accepter une loi future et promettre de voter un texte sont des engagements différents.
4. Hors de l’hémicycle
4.1 « Nous suivrons »
Le 8 octobre 2026, deux semaines avant le vote, Joëlle Mélin est l’invitée de l’émission « Chaque voix compte » sur LCP, dont la « question qui fâche » porte ce jour-là sur le Nutri-Score obligatoire. Dans le débat, elle déclare : « si maintenant ça devient obligatoire, nous suivrons », puis critique le calcul du score et propose un autre indicateur, le Planet-Score (replay, vers 42 min 54 s). Le 22 octobre, elle vote contre les trois textes qui auraient rendu l’affichage obligatoire.
La formule crée un écart apparent entre l’ouverture exprimée à la télévision et le vote ultérieur. Sa portée reste incertaine. « Nous suivrons » peut annoncer l’application de la loi si elle est adoptée ; la phrase ne constitue donc pas, à elle seule, une promesse de voter pour. Nous la conservons comme un cas à examiner, sans conclure à un engagement non tenu. Elle a été repérée dans la transcription publiée avec le replay, puis vérifiée à l’écoute.
Joëlle Mélin avance aussi deux affirmations sur le Planet-Score que les sources contredisent. Elle en attribue la conception à l’INRAE : le dossier de lancement de 2021 le présente comme « Une proposition ITAB, Sayari et Very Good Future », et l’INRAE a précisé publiquement n’y avoir pas travaillé (message de l’institut). Le 22 octobre, elle dit le Nutri-Score « inclus dans le planet-score » : le Planet-Score est une note environnementale, distincte de la note nutritionnelle. Un affichage côte à côte reste possible ; il ne fait pas des deux une même note.
4.2 Dans la presse, des compromis assumés
Ces rapprochements proviennent d’une lecture contextuelle par un modèle GPT, puis d’un contrôle sur les sources. Ils ne reposent pas sur le codage aveugle utilisé pour les positions parlementaires. Une reprise de débat dans la presse reste une seule déclaration.
Dans les autres groupes, la presse documente surtout des compromis. Sandrine Runel, qui porte la proposition de loi, présente l’exemption des produits sous appellation comme le fruit d’un compromis (LCP, 8 avril 2026). Jean-François Rousset défend cette exemption tout en maintenant qu’elle ne retire rien à l’utilité du logo (Centre Presse Aveyron, 9 novembre 2025). Richard Ramos voit dans le Nutri-Score une protection des consommateurs par l’État (Le Monde, 22 octobre 2024) ; ses votes suivent ce discours, y compris contre la majorité de son groupe. Sandrine Dogor-Such reprend dans La Dépêche l’objection juridique faite en séance la veille : c’est la même déclaration, pas une de plus.
Ces sources complètent les parcours, mais leur recensement ne constitue pas un échantillon comparable entre les groupes. Elles permettent de préciser certains cas. Elles ne permettent pas d’établir combien de députés changent de discours selon le public.
5. Ce que ces données ne disent pas
Les parties précédentes décrivent des décalages. Chacun admet plusieurs explications, et les données en écartent rarement une. Cette partie rassemble les limites qui valent pour toute l’étude, puis ce qu’elles permettent d’écrire.
5.1 Les limites des rapprochements
- Aucun de ces résultats ne dit une intention : ni volonté de tromper, ni stratégie. Un écart se constate ; ses raisons sont rarement données dans les débats.
- Les distances par groupe dépendent de la définition retenue : compter ou non les soutiens sous condition parmi les positions favorables change l’ordre des groupes, et plusieurs groupes ont peu de positions (figure 2).
- La moitié des écarts entre parole et vote reposent sur une parole de plus de six mois. Un écart qui suit la majorité du groupe ne prouve pas une consigne.
- Demander une exemption n’engage pas à soutenir le texte qui la reprend. « Nous suivrons » n’est pas une promesse de vote ; « favorables à la pétition » portait sur une décision de procédure.
- Le rôle du portage n’est pas isolé : l’ordre des votes, les consignes et la rectification adoptée juste avant peuvent aussi expliquer la différence entre les deux textes du 3 décembre 2025.
- La participation se lit dans les scrutins publics, pas dans l’hémicycle : les délégations comptent comme des votes, et un député peut être présent sans voter. On ne sait pas comment les non-votants auraient voté ; les groupes « pour » du 22 octobre ne l’étaient pas tous en 2025.
- La plupart des députés ne parlent jamais du Nutri-Score : pour eux, il n’y a pas de parole à comparer. Le RN et ses alliés comptent 8 orateurs en deux ans.
- Les positions sont lues par deux familles de modèles ; les demandes et la presse, par un seul modèle, contre-vérifié sur les textes et les votes (section 7.1).
5.2 Avant de partager
| Ce que les données permettent d’écrire | Ce qu’elles ne permettent pas |
|---|---|
| Le 22 octobre 2026, 28 des 148 signataires ont voté ; deux suffrages favorables de plus auraient suffi. | Les non-votants auraient voté pour. |
| Le 22 octobre 2026, le RN a voté contre, avec une participation proche de celle de la soirée. | Le RN a fait échouer le texte à lui seul. |
| Le RN n’a voté pour aucun des douze scrutins sur le Nutri-Score depuis 2024. | Le RN a menti. |
| Les orateurs du MoDem défendent l’obligation ; le groupe a voté contre à 6 des dix scrutins. | Le MoDem dit une chose et en vote une autre. |
| Parmi les députés de la Droite républicaine qui avaient voté l’exemption et qui ont voté le 3 décembre 2025, 7 des 8 députés ont voté contre les quatre textes qui la contenaient. | La droite avait promis de voter le texte en échange de l’exemption. |
| Joëlle Mélin a dit « nous suivrons » sur LCP, puis voté contre. | Elle avait promis de voter pour. |
| À dispositif équivalent, 58 députés ont rejoint le pour et un l’a quitté quand le portage a changé. | Les socialistes ont fait échouer le texte insoumis. |
| Sur 26 écarts entre parole et vote, 22 suivent la majorité du groupe. | Les députés ne votent pas ce qu’ils disent. |
6. Conclusion
Nous avons suivi les paroles, les textes et les votes autour de l’obligation d’afficher le Nutri-Score. Ce parcours montre plusieurs décalages. Il montre aussi pourquoi ils ne peuvent pas tous recevoir le même nom.
Les paroles et les votes Dans le corpus et selon la règle de comparaison retenue, nous relevons 26 écarts sur 230 couples élu–scrutin, concernant 40 élus. Quatorze élus présentent au moins un écart. Dans 22 de ces 26 cas, le vote suit la majorité du groupe. La moitié des écarts reposent toutefois sur une parole vieille de plus de six mois. Ces résultats décrivent les rapprochements que nous avons pu faire. Ils ne prouvent ni une consigne ni une contradiction dans chaque cas. Les distances calculées entre les paroles des orateurs et les votes de leur groupe dépendent aussi du traitement des soutiens conditionnels.
Les demandes et les textes Le débat a modifié les dispositifs. Des exemptions ont été adoptées, puis reprises dans de nouvelles versions. Elles n’ont pas rallié tous ceux qui les demandaient. Parmi les députés de la Droite républicaine qui avaient voté l’exemption et qui participent aux votes du 3 décembre 2025, 7 des 8 députés votent contre les quatre textes qui la contiennent. Chez les socialistes, 15 sur 16 soutiennent au moins un texte. Une même concession peut donc accompagner des suites différentes. Demander une exemption n’engage toutefois pas à soutenir l’ensemble du dispositif. D’autres objections restent parfois exprimées.
Le contenu et le portage Le 3 décembre 2025, deux dispositifs devenus matériellement équivalents recueillent 59 puis 117 voix pour. Parmi les 237 députés qui votent aux deux scrutins, 58 rejoignent le pour et un le quitte. Cette comparaison rend plausible un rôle du portage dans le soutien. Elle ne permet pas de le séparer de l’ordre des votes, des consignes ou de la compréhension d’une rectification adoptée juste avant.
Le principe et l’engagement Nous ne retrouvons aucun vote favorable du RN aux douze scrutins étudiés. Ses déclarations d’ouverture portent sur l’utilité du logo, sa réforme ou l’examen d’une pétition. La phrase télévisée « nous suivrons » ne suffit pas à établir une promesse de vote. Sur ce point, les sources ne permettent pas de conclure à un engagement non tenu.
Le soutien et la participation Le 22 octobre 2026, 28 des 148 signataires des amendements prennent part au vote, tous pour. Quatre autres ont voté à d’autres scrutins de la séance ; 116 n’ont participé à aucun scrutin public de cette séance. Deux suffrages favorables supplémentaires auraient suffi, toutes les autres voix inchangées. Ce n’est donc pas un parti seul qui a fait échouer le texte ce soir-là : le RN a voté contre, comme à chaque scrutin, avec une participation proche de celle de la soirée, et le texte a manqué de deux voix quand la plupart de ses signataires n’ont pas voté. Le constat vaut pour ce vote : le 3 décembre 2025, ce sont des défections au centre et à droite qui ont décidé. Ce calcul ne dit ni où se trouvaient les non-votants ni comment ils auraient voté.
Le débat peut donc produire une modification sans produire l’accord. Le soutien varie avec le dispositif, le portage et le moment du vote. Nos données permettent d’en suivre les manifestations. Elles ne permettent pas d’en isoler toutes les causes ni de juger la sincérité des demandes.
Pour aller plus loin
Nous pourrions distinguer, avant d’observer le vote, la condition nécessaire, l’engagement explicite à soutenir et l’amendement présenté comme un repli. Une nouvelle lecture à l’aveugle pourrait aussi séparer l’adhésion au principe de la position sur l’outil et sur son obligation. Les explications de vote des porte-parole de groupe compléteraient les prises de parole individuelles, pour les députés qui ne parlent pas.
Le suivi du budget pour 2027, au Sénat puis en nouvelle lecture, permettra de voir si ces demandes reviennent, si les textes y répondent et si les soutiens évoluent. La même grille pourrait être appliquée aux dix votes de santé publique de l’étude générale. Nous gagnerions ainsi des comparaisons, des contre-exemples et des effectifs plus larges. Les deux études associées, sur les votes du Nutri-Score et sur dix votes de santé publique, donnent les textes, les coalitions et les sources qui complètent ce parcours.
7. Méthode
7.1 Qui lit quoi
Les votes et les effectifs sont des données officielles ; tout le reste repose sur des lectures, automatiques ou faites à la main. Le tableau dit, pour chaque analyse, sur quoi elle porte, qui l’a faite et comment elle a été contrôlée.
| Analyse | Matériau | Lecture | Contrôles |
|---|---|---|---|
| Suffrages et effectifs | 12 scrutins publics, listes nominatives, effectifs des groupes | calcul | totaux officiels = sommes des groupes = sommes nominatives |
| Positions dites | 212 passages de 61 orateurs, noms, groupes et dates masqués | deux lecteurs Claude par passage et un lecteur GPT, à l’aveugle | un code retenu si GPT et au moins un Claude le donnent ; kappa de 0,83 à 0,88 sur l’obligation, de 0,63 à 0,67 sur l’outil |
| Portée des textes | dispositifs et sous-amendements officiels | Claude, à la main | fiches officielles des amendements |
| Cas mis en avant | comptes rendus intégraux | Claude, à la main | citations vérifiées mot pour mot |
| Vote de groupe, participation, non-vote | votes nominatifs, effectifs, signataires des amendements | calcul | majorités recalculées sur les décomptes |
| Demandes et concessions | 140 demandes de 48 élus, 112 amendements, 77 versions | GPT (Codex), protocole figé avant lecture | équivalence des textes et transitions recalculées par Claude |
| Presse et télévision | 21 sources | GPT (Codex), puis Claude | citations vérifiées sur les sources ; phrase télévisée vérifiée à l’écoute |
Les lectures des demandes et de la presse sont celles d’un seul modèle : elles ont été contre-vérifiées sur les textes et les votes, mais ce n’est pas un accord entre lecteurs.
Sections techniques, repliées :
7.2 Les paroles et leur lecture
212 passages, trois lecteurs à l’aveugle, la règle des deux familles.
Le corpus reprend tous les passages de la XVIIe législature (depuis 2024) que l’étude sur les votes juge pertinents : 212 passages de 61 orateurs, en séance et en commission, découpés dans une fenêtre autour du Nutri-Score. Chaque passage a été lu sans nom, groupe, date ni vote, par deux lecteurs Claude et un lecteur GPT, avec la même consigne : position sur l’outil (favorable, réserves, défavorable), position sur l’obligation (pour, pour sous condition, contre), conditions posées (terroirs, calcul, Europe, entreprises, sanction, autre indicateur, liberté, mauvais texte) et une citation mot pour mot.
Un code n’est retenu que si GPT et au moins un des deux lecteurs Claude le donnent ; sinon, il reste en désaccord et n’entre dans aucun calcul. Une majorité de deux sur trois aurait laissé les deux lecteurs Claude l’emporter seuls contre GPT. Sur l’obligation, l’accord est bon (kappa de 0,83 à 0,88 entre GPT et Claude) ; sur l’outil, il est moindre (0,63 à 0,67), et les résultats qui en dépendent sont donnés comme fragiles.
7.3 Comparer une parole et un vote
La date, la portée des textes, les mises au point, les exemptions défendues.
Chaque vote est comparé à la position dite sur l’obligation le jour même, sinon la dernière fois avant ; au-delà de six mois, la position est dite ancienne. Un écart n’est compté que si le député a dit sa position. Seule la condition « terroirs » peut être levée par un texte, l’exemption, selon sa portée : tous les signes de qualité en 2024 et 2025, les seules AOP et IGP en octobre 2026. Les mises au point, où un député déclare après coup avoir voulu voter autrement, sont affichées à côté du vote officiel sans le modifier. Une demande d’exemption suivie d’un vote contre le texte qui la contient n’est pas comptée comme un écart : demander une exemption n’engage pas, sans engagement explicite, à soutenir le texte. Ces votes sont présentés à part (« exemption défendue, puis vote contre »), sans être qualifiés de repli, ce mot étant réservé aux interventions qui se présentent ainsi. Une abstention n’est pas un vote contre.
7.4 Le vote de groupe
La position majoritaire, recalculée sur les décomptes.
La position majoritaire d’un groupe est la plus fréquente parmi ses votants (pour, contre ou abstention) ; à égalité, le groupe est dit partagé. Le champ officiel qui la donne n’est pas fiable : il attribue par exemple « pour » à EPR au 4 novembre 2024, quand le groupe vote à 13 contre 3. Nous l’avons donc recalculée sur les décomptes. Un écart qui suit cette majorité est un écart de groupe ; sinon, un écart individuel. Les deux organes successifs de l’UDR sont réunis.
7.5 Participation et non-vote
Participation, signataires, non-vote sélectif.
La participation d’un groupe est la part de ses membres qui votent pour, contre ou s’abstiennent ; les votes par délégation comptent comme des votes, et ne disent donc pas la présence physique. Le point de comparaison est l’ensemble des autres scrutins publics de la même séance, pour séparer l’effet du sujet de celui de l’heure. Les signataires sont l’auteur et les cosignataires des amendements mis aux voix, d’après leurs fiches officielles. Le non-vote sélectif compare, pour les députés qui votent au moins une fois dans la séance, le non-vote au scrutin Nutri-Score et aux autres scrutins. Ne pas voter ne veut pas dire être absent : on peut être dans l’hémicycle sans voter.
7.6 Demandes, concessions et portage
Le registre des demandes et le seul test à contenu identique.
Un agent d’IA (Codex, modèle GPT) a relu les 212 passages dans leur contexte, après le gel des lectures à l’aveugle, selon un protocole figé avant la lecture : 140 demandes de 48 élus, rapprochées de 112 amendements et 77 versions de texte. Sur 66 paires de scrutins, une seule a le même contenu une fois les sous-amendements intégrés : les scrutins 4514 et 4515. Nous avons vérifié sur les fiches officielles que les amendements 505 et 731 sont identiques, comme le 235 et le 677, et que le 505, complété par le sous-amendement 1012 rectifié, dit la même chose que le 235. Les transitions de vote ont été recalculées sur les listes nominatives ; elles corrigent une erreur de nom dans la synthèse de l’agent.
7.7 Hors de l’hémicycle
21 sources de presse et de télévision, et leur vérification.
Le même agent a réuni 21 sources : comptes rendus, émission de télévision, entretiens et articles de presse, documents des concepteurs du Planet-Score. Nous avons vérifié chaque citation sur sa source ; la phrase télévisée de Joëlle Mélin, qui ne figurait que dans une transcription, a été vérifiée à l’écoute du replay. Une reprise de presse d’une déclaration faite en séance n’est pas comptée comme une déclaration de plus. Les articles sont résumés brièvement, avec un lien vers l’éditeur.
Données et reproductibilité
Les chiffres de cette page se recalculent depuis les analyses publiées, sans modèle ni réseau : python3 scripts/donnees.py, puis python3 scripts/assembler.py. Chaque chiffre du texte est vérifié par une assertion.
- Les chiffres de l’article (JSON)
- Parcours des orateurs : paroles, conditions, votes (JSON)
- Écarts et vote de groupe (JSON)
- Participation par groupe et par scrutin (JSON)
- Absence sélective, signataires et orateurs (JSON)
Sources parlementaires : Assemblée nationale, archives officielles des scrutins et des amendements téléchargées le 23 octobre 2026. Presse et télévision consultées le 24 octobre 2026.
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