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Les votes et les mots · Nutri-Score · Assemblée nationale, 2017–2026

Qui a voté pour rendre le Nutri-Score obligatoire ?

20 octobre 2026 · Nicolas Naïditch, ExpectPatient · Étude exploratoire

Dans la même étudeDix votes de santé publiquePFAS, taxe sur les sodas, IVG, puffs, chlordécone… : les mêmes méthodes appliquées à dix autres dossiers.

Chaque suffrage, chaque passage et chaque amendement s’ouvre sur sa source officielle (Assemblée nationale, Sénat). Les données sont téléchargeables en annexe : Données et reproductibilité →

Introduction

Un enjeu de santé publique. Le Nutri-Score note les aliments de A à E selon leur qualité nutritionnelle. Il est issu des travaux d’une équipe d’épidémiologistes de la nutrition, dont Serge Hercberg, et la France l’a adopté en 2017 sur la base du volontariat : chaque marque choisit de l’afficher ou non. Le 7 novembre 2025, l’Assemblée nationale vote l’obligation de l’afficher sur les emballages. Le 20 novembre, Serge Hercberg et d’autres chercheurs à l’origine du logo, dont Mathilde Touvier, Emmanuelle Kesse-Guyot et Chantal Julia, déposent sur le site de l’Assemblée une pétition pour rendre l’affichage obligatoire sur les emballages. Le lendemain, le Sénat supprime la mesure ; le 3 décembre, l’Assemblée rejette à trois voix près (117 pour, 120 contre) le dernier texte qui la rétablissait. Pour Serge Hercberg, « c’est un recul de la santé publique et une victoire des lobbies » (Reporterre, 4 décembre 2025).

La pétition reçoit le soutien de l’Académie nationale de médecine, de 45 sociétés savantes et de 33 associations (AFP, 27 mai 2026). Elle dépasse les 100 000 signatures, et la commission des affaires sociales l’examine le 7 octobre 2026. Une semaine plus tard, la même commission adopte des amendements qui réintroduisent l’obligation dans le budget de la Sécurité sociale pour 2027 (section 1.2). Celui de Sandrine Runel (AS33) se présente comme transpartisan : ses 54 signataires viennent de huit groupes (30 socialistes, 7 EPR, 7 écologistes, 5 Horizons, 2 LIOT, 1 Droite républicaine, 1 MoDem, 1 GDR). Aucun n’appartient à La France insoumise, au Rassemblement national ni à l’UDR.

Une démarche citoyenne. Par-delà le Nutri-Score, la question vaut pour tout sujet : que votent les députés, et que disent-ils ? Les réponses sont publiques. L’Assemblée publie chaque scrutin nominatif et chaque compte rendu de séance et de commission ; ce document les rassemble et les rend lisibles. Chaque chiffre renvoie au scrutin officiel, chaque citation au compte rendu où elle a été prononcée. Il ne prête d’intention à personne : il met côte à côte ce que chacun a dit et ce qu’il a voté, pour que chacun puisse en juger.

Ce que permettent les données ouvertes. Ce travail montre aussi ce que l’on peut tirer de l’open data et des données textuelles. Les votes se comptent ; les discours se lisent avec des méthodes d’analyse textuelle décrites et contrôlées ici : thèmes repérés par des dictionnaires publiés, expressions qui distinguent un groupe des autres, proximité de sens entre les discours (section 9). Ce sont les méthodes que nous appliquons aux verbatims de patients, aux réponses libres d’enquête et aux contributions écrites : analyse de verbatims, études auprès des patients.

Ce que contient ce document. Les 10 scrutins publics de l’Assemblée qui portent directement sur le Nutri-Score, de 2019 à 2025 (2 012 suffrages de 468 députés), et 351 passages de 124 orateurs, tirés de 110 comptes rendus. Il répond à trois questions : qui soutient quel dispositif ; avec quels mots ; les paroles et les votes concordent-ils ? Les résultats viennent d’abord, du plus simple au plus détaillé ; la méthode et les annexes ferment le document.

En bref

Entre novembre 2024 et décembre 2025, les députés ont voté sept fois sur des textes qui imposaient d’afficher le logo, dans les publicités ou sur les emballages. Voici, groupe par groupe, ce qu’ils ont voté et ce qu’ils ont dit.

En grand : la part des voix « pour » parmi les voix pour et contre, sur les sept votes (1 436 voix). Dessous : les abstentions, et la participation aux scrutins (votes enregistrés rapportés aux sièges). S’abstenir est un vote enregistré. Un député absent peut voter par délégation, et un député présent peut ne pas prendre part au vote : la participation ne mesure pas la présence dans l’hémicycle.

1. Neuf ans de décisions

Une note de A à E, imprimée sur l’emballage, qui résume la qualité nutritionnelle d’un aliment. En France, l’afficher est facultatif depuis 2017 : le droit européen ne permet pas à un pays de l’imposer seul. Pour le généraliser, des députés ont proposé de l’imposer dans les publicités, ou de faire payer une contribution aux marques qui ne l’affichent pas.

L’Assemblée a voté l’obligation dans les publicités en novembre 2024, puis sur les emballages en novembre 2025. Le Sénat a supprimé cette dernière ; le 3 décembre 2025, les députés ont rejeté les quatre rédactions qui la rétablissaient.

Chacune de ces voies a ses propres votes, et chacune a suscité des demandes d’exemption, en particulier pour les fromages et les produits sous appellation d’origine. Le débat parlementaire sur le Nutri-Score est donc fait de rédactions successives, souvent examinées le même jour, dont le sens dépend des détails : on peut défendre le logo et refuser une taxe, voter une obligation et demander une exemption.

1.2 La chronologie

Les dix scrutins publics de l’Assemblée et les décisions retrouvées sans vote nominatif, à l’Assemblée et au Sénat, de 2018 à la commission d’octobre 2026. Chaque ligne renvoie à sa source.

2. Qui a voté quoi

2.1 La carte de l’Assemblée

Chaque point est un député qui a voté au moins une fois. Les groupes sont placés de la gauche vers la droite, comme dans l’hémicycle. Choisissez un vote, ou survolez un point.

Survolez ou touchez un point pour voir le député et ses votes.

2.2 De la gauche à la droite

Sur les sept scrutins d’affichage obligatoire de 2024–2025 (1 436 suffrages exprimés, 391 députés), le soutien décroît de la gauche vers la droite : 88,8 % des suffrages exprimés à gauche (397 sur 447), 41,2 % au centre, 7,9 % à droite, aucun pour le RN et ses alliés (495 contre, 0 pour).

pourabstentioncontre
Figure 1. Soutien aux sept scrutins d’affichage obligatoire (2024–2025). Taux : part des suffrages exprimés ; la barre montre aussi les abstentions. Survoler une barre pour les effectifs.

Le détail par scrutin nuance cette pente (figure 2). Le 3 décembre 2025, les quatre rédactions mises aux voix comportaient toutes une exemption, adoptée juste avant par sous-amendement (1012 à 1014) ou inscrite dans le texte (4515). Elles diffèrent pourtant par leur objet (les publicités aux 4512 et 4513, les emballages aux 4514 et 4515) et par la contribution prévue pour qui n’affiche pas le logo, assise sur les dépenses de publicité ou sur le chiffre d’affaires. Les votes coïncident aussi avec l’auteur du texte, sans que l’on puisse dire lequel de ces éléments les a décidés : EPR apporte 28 et 25 voix aux deux rédactions portées par le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille, seul ou avec Sandrine Runel (4513, 4515), contre 3 à 13 aux autres. Les socialistes s’abstiennent massivement sur les trois rédactions déposées par d’autres groupes (30, 36 et 39 abstentions), puis votent à 44 pour celle de Sandrine Runel (4515). En comptant les abstentions, le soutien de la gauche tombe à 70,9 %.

Le 7 novembre 2025, deux rédactions proches sont mises aux voix. Toutes deux imposent le logo dans les publicités et prévoient une contribution de 5 % pour qui ne l’affiche pas : l’une par le code général des impôts (3548), l’autre par le code de la santé publique (3550). Les insoumis votent contre la première (0 pour, 29 contre) et à 29 pour la seconde ; les débats retrouvés n’en donnent pas le motif.

majorité pourpartagé ou abstentionmajorité contre3549 : pour l’exemption
Figure 2. Les votes de chaque groupe, scrutin par scrutin (XVIIe législature). Dans chaque case : pour, puis contre et abstentions. La couleur suit l’écart entre pour et contre, rapporté aux votants du groupe. UDR réunit deux organes successifs du même nom (UDR en 2024, UDDPLR en 2025). Cliquer une case ouvre le scrutin, filtré sur le groupe.

2.3 Les dix scrutins, un par un

Dix scrutins publics portent directement sur le Nutri-Score : un en 2019, pendant l’examen de la proposition de loi sur la « malbouffe » (XVe législature), puis neuf pendant l’examen des budgets 2025 et 2026 (XVIIe). 2 ont été adoptés, deux fois l’obligation d’afficher le logo dans les publicités, en 2019 (1714) et en novembre 2024 (229). Les 8 autres ont été rejetés, dont les quatre tentatives de rétablissement du 3 décembre 2025, après la suppression de l’article par le Sénat.

Exporter les suffrages (CSV)
Décisions sans vote nominatif, commissions et Sénat

Le Sénat, un corps de votants distinct

3. Un vote de groupe ?

Pour chaque groupe, deux mesures. La barre foncée : la part des voix qui suivent la position majoritaire du groupe, vote après vote (pour, contre ou abstention), avec le nombre d’écarts. La barre fine : la participation, c’est-à-dire les votes enregistrés rapportés aux sièges du groupe, délégations comprises. Un vote compte dès que trois députés du groupe y participent et qu’une position y est majoritaire : en cas d’égalité en tête, il n’est pas compté. Les non-inscrits, qui n’ont pas de groupe, ne sont pas comptés.

4. Ce qu’ils ont dit

4.1 De quoi parle chaque famille politique ?

Dans les débats sur le Nutri-Score depuis 2024, chaque famille politique ne met pas en avant les mêmes sujets. Le tableau compte, pour 1 000 mots prononcés, les mots qui relèvent de chaque thème. La case la plus foncée de chaque ligne montre la famille qui en parle le plus.

4.2 Groupe par groupe

Ce que chaque groupe a voté sur les sept textes, la logique de ses interventions, une phrase prononcée en séance ou en commission, et les mots qu’il emploie plus que les autres. Touchez un nom pour voir les votes de la personne.

4.3 Les arguments, face à face

Les mêmes questions reviennent d’un débat à l’autre. Voici cinq d’entre elles, avec pour chacune deux arguments opposés, rapprochés par nous à partir des débats en séance et en commission. Ce ne sont pas toujours des réponses directes l’une à l’autre : la date et le lieu de chaque phrase sont indiqués.

4.4 Dans le même débat, des positions opposées

Les plongements sémantiques (le modèle BGE-M3) placent chaque passage dans un espace où deux textes qui parlent de la même chose, de la même manière, sont proches. Dans chaque débat, nous avons cherché les deux passages les plus proches prononcés par deux orateurs de familles différentes qui ont voté en sens contraire sur les sept votes (toujours pour, toujours contre). Une telle paire existe dans 11 comptes rendus ; voici les 6 plus proches. Contrairement aux arguments de la section 4.3, choisis à la main, ils sont trouvés par le calcul, et chaque paire vient du même débat.

7 novembre 2025 · même compte rendu · proximité 0,83

A voté pour 3 fois

Sabrina Sebaihi (ECOS) · séance, 7 novembre 2025 · compte rendu

« Nous sommes favorables à ces amendements. Ce qui sanctionne le consommateur, c’est ce qu’il mange et qui le rend malade. Les produits ultratransformés – on parle d’ailleurs de produits, non d’aliments – sont pleins de sucres cachés : il n’est pas normal… »

A voté contre 4 fois

Anne Genetet (EPR) · séance, 7 novembre 2025 · compte rendu

« Je voudrais parler en médecin : la quantité de sucre – on pourrait aussi évoquer le sel – ajoutée dans certains produits transformés est une catastrophe pour l’hygiène alimentaire et la santé de nos concitoyens, y compris les plus jeunes enfants. Néanmoins,… »

4 novembre 2024 · même compte rendu · proximité 0,80

A voté pour 3 fois

Sabrina Sebaihi (ECOS) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Si le nutri-score n’a pas été rendu obligatoire par l’Union européenne, c’est parce que certains pays s’y sont opposés, dans l’intérêt de grandes marques qui ne voulaient pas voir le voir apparaître sur leurs emballages – celles-là mêmes qui, aujourd’hui, ne… »

A voté contre 7 fois

Thibault Bazin (DR) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Des travaux sont en cours au niveau européen : attendons-en l’issue avant que de rendre le nutri-score obligatoire. L’important, ce sont les qualités nutritionnelles. Or l’universalité de l’algorithme du nutri-score crée à cet égard, pour certaines catégories… »

4 novembre 2024 · même compte rendu · proximité 0,77

A voté pour 3 fois

Jérôme Guedj (SOC) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Non, nous ne refaisons pas le débat, nous essayons simplement de favoriser l’émergence d’un consensus. Je veux bien restreindre le périmètre du dispositif de façon à protéger les produits dits du terroir. Je n’ai pas bien compris quel était le sens des signes… »

A voté contre 7 fois

Thibault Bazin (DR) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Nous reprenons nos débats portant sur la mention obligatoire du nutri-score dans les publicités. Il s’agit à nouveau d’exclure du dispositif les produits bénéficiant d’un signe de qualité national ou européen. De tels signes attestent en effet du respect d’un… »

29 octobre 2025 · même compte rendu · proximité 0,77

A voté pour 7 fois

Hendrik Davi (ECOS) · commission, 29 octobre 2025 · compte rendu

« Il est vraiment important de rendre le nutri‑score obligatoire car l’obésité explose en France, particulièrement chez les jeunes. Dans la population globale, le taux des citoyens en situation d’obésité est ainsi passé de 8,5 % en 1997 à 17 % en 2020 – et de… »

A voté contre 4 fois

Justine Gruet (DR) · commission, 29 octobre 2025 · compte rendu

« Si le problème de santé publique posé par l’obésité est réel, il faut arrêter de sous-estimer la capacité des consommateurs à s’informer sur le contenu des produits, alors que les étiquettes listent les ingrédients, les pourcentages de glucides, de lipides,… »

3 décembre 2025 · même compte rendu · proximité 0,74

A voté pour 7 fois

Hendrik Davi (ECOS) · séance, 3 décembre 2025 · compte rendu

« J’ai déjà expliqué pourquoi je pensais qu’il fallait rendre obligatoire le nutri-score ; j’exposerai maintenant pourquoi nous voterons contre les sous-amendements de M. Rousset qui visent à exempter de l’obligation d’afficher le nutri-score les labels tels… »

A voté contre 6 fois

Fabrice Brun (DR) · séance, 3 décembre 2025 · compte rendu

« On peut comprendre que le nutri-score s’inscrit dans une logique de prévention contre la malbouffe, en ciblant les produits ultratransformés qui sont nocifs pour la santé, en particulier lorsqu’ils sont consommés de manière excessive mais, de grâce, épargnons… »

7 octobre 2026 · même compte rendu · proximité 0,73

A voté pour 5 fois

Boris Tavernier (ECOS) · commission, 7 octobre 2026 · compte rendu

« Étant de tous les combats lorsqu’il s’agit de reprendre le contrôle sur notre alimentation, je suis ravi que les citoyens se mobilisent aussi massivement en ce sens. Par une pétition déposée à l’initiative de chercheurs dont je salue le travail, ils nous… »

A voté contre 7 fois

Serge Muller (RN) · commission, 7 octobre 2026 · compte rendu

« Notre position concernant le Nutri-score est claire. Nous n’y sommes en rien opposés, mais nous constatons qu’il est mal défini et appelons à le réformer afin qu’il puisse remplir pleinement ses objectifs. En effet, des aliments ultratransformés ou remplis… »

La proximité dit que les deux passages parlent de la même chose ; elle ne dit pas qu’ils se répondent, ni qu’ils s’opposent sur ce point précis. L’opposition vient des votes de leurs auteurs.

4.5 Les familles de sens

Sans dictionnaire, les plongements regroupent aussi les passages qui se ressemblent. Un regroupement en 5 ensembles (méthode des k-moyennes, nombre choisi par le critère de silhouette) fait apparaître des familles de sens que les univers lexicaux ne séparent pas. Elles portent ici le nom que nous leur donnons d’après leurs mots et leurs passages typiques.

Famille de sensPassagesGaucheCentreDroiteRN et alliésUnivers lexicaux dominantsMots distinctifs
Le débat sur le logo, son algorithme et sa généralisation53
25 orateurs
2212811Information & choix, Prévention & maladies, Composition & transformationgénéralisation, consommer, arguments, cause, algorithme, quelques
Les dispositifs : taxes, publicités, contributions43
21 orateurs
258100Fiscalité & contrainte, Industrie & coûts, Publicité & enfanceindustriels, publicités, taxe, supports, contribution, adopté
La santé : obésité, alimentation, produits ultratransformés43
26 orateurs
241153Prévention & maladies, Information & choix, Composition & transformationobésité, aliments, alimentation, éducation alimentation, aliments ultratransformés, pétition
Les terroirs et les appellations21
12 orateurs
51060Terroirs & exemptions, Composition & transformation, Industrie & coûtsAOP, AOC, protégée, origine, IGP, origine protégée
La prévention dans le budget de la Sécurité sociale14
6 orateurs
8420Prévention & maladies, Fiscalité & contrainte, Composition & transformationprévention, PLFSS, dépistage, hausse, mesures, rapport

Les passages du RN et de ses alliés se concentrent dans un seul ensemble (« Le débat sur le logo, son algorithme et sa généralisation » : 11 sur 14) ; ils sont absents ou presque des autres. L’ensemble des terroirs et des appellations réunit surtout le centre et la droite (16 passages sur 21, aucun du RN).

Le débat sur le logo, son algorithme et sa généralisation : deux passages typiques

Sabrina Sebaihi (ECOS) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Nous revenons à la question du nutri-score, dont il a été beaucoup question précédemment. J’ai entendu dire que l’Europe n’avait pas décidé de le rendre obligatoire pour tous les produits. Pourtant, rien ne nous interdit d’être mieux-disant que l’Union… »

Sabrina Sebaihi (ECOS) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« C’est pour cela que les consommateurs doivent savoir ce qu’ils consomment, c’est pour cela qu’ils ont besoin du nutri-score. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC. – MM. Cyrille Isaac-Sibille et Gabriel Attal applaudissent… »

Les dispositifs : taxes, publicités, contributions : deux passages typiques

Cyrille Isaac-Sibille (DEM) · commission, 29 octobre 2025 · compte rendu

« L’amendement a pour objet la création d’une taxe sur les publicités pour les denrées alimentaires qui n’afficheraient pas le nutri‑score, afin d’inciter à l’utilisation de ce dernier dans les messages publicitaires. Le nutri‑score vise en effet à apporter une… »

Élise Leboucher (LFI-NFP) · commission, 29 octobre 2025 · compte rendu

« L’amendement AS695 vise à rendre obligatoire la mention du nutri‑score sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires. Les industriels peuvent déroger à cette obligation en versant une contribution. Le nutri‑score est salué par… »

La santé : obésité, alimentation, produits ultratransformés : deux passages typiques

Hendrik Davi (ECOS) · séance, 3 décembre 2025 · compte rendu

« Cet amendement déposé par mon collègue Boris Tavernier vise à rendre obligatoire l’affichage du nutri-score. Pour vous convaincre de sa pertinence, je vais vous donner deux chiffres : la part des Français souffrant d’obésité est passée de 8,5 % en 1997 à 17 %… »

Loïc Prud'homme (LFI-NFP) · commission, 3 février 2026 · compte rendu

« Mon amendement tend à garantir la transparence de la composition alimentaire et nutritionnelle des produits. L’introduction du nutri‑score, en 2017, a permis de changer les habitudes alimentaires d’un Français sur deux, ce qui montre que la population se… »

Les terroirs et les appellations : deux passages typiques

Jean-François Rousset (EPR) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Si le nutri-score est intéressant pour les produits industriels ultratransformés – ce que j’estime être de la malbouffe –, il rencontre des limites relativement aux produits locaux. Des AOP – appellations d’origine protégée – et des AOC – appellations… »

Danielle Brulebois (EPR) · séance, 4 novembre 2024 · compte rendu

« Comme mon collègue, je défends les AOP ainsi que les IGP et les AOC, qui répondent à des cahiers des charges très stricts. Le nutri-score, conçu pour des produits ultratransformés, ne prend pas en compte l’absence d’additifs ou d’organismes génétiquement… »

La prévention dans le budget de la Sécurité sociale : deux passages typiques

Sandrine Runel (SOC) · séance, 5 décembre 2025 · compte rendu

« Mesdames les ministres, la prévention est sans doute la grande absente de votre projet de loi. Rien, dans le PLFSS, n’est là pour informer sur les maladies chroniques et les prévenir. Vous vous êtes opposées à la généralisation du nutri-score, refusant même… »

Hendrik Davi (ECOS) · commission, 9 juillet 2025 · compte rendu

« La limitation des dépenses de l’assurance maladie ne constitue pas un objectif en soi pour notre groupe. Nous préférons partir des besoins et ajuster les recettes en conséquence. Je tiens à rappeler que, lorsque les cotisations s’ajustaient aux besoins, le… »

Ce découpage est peu tranché (silhouette de 0,08, sur une échelle de −1 à 1) et moyennement stable : d’un tirage à l’autre, l’accord entre deux découpages (indice de Rand ajusté) est de 0,54 en médiane. Il se lit comme une carte grossière, pas comme une classification. Les ensembles reflètent aussi le type de débat : les présentations d’amendements se ressemblent entre elles.

4.6 Qui parle comme qui ?

Pour chaque orateur de la XVIIe législature, nous avons cherché la famille dont ses mots sont les plus proches, sans lui. Chaque famille y est représentée par des tirages d’un même nombre d’orateurs (7), pour qu’une famille nombreuse ne l’emporte pas par sa seule taille. Le tableau compte, pour chaque famille, ses orateurs selon la famille à laquelle leurs mots ressemblent le plus.

Orateurs de la famillemots proches de : la gauchemots proches de : le centremots proches de : la droitemots proches de : le RN et ses alliés
Gauche
23 orateurs
14630
Centre
16 orateurs
7252
Droite
12 orateurs
4512
RN et alliés
8 orateurs
2321

À gauche, les mots de 14 orateurs sur 23 ressemblent d’abord à ceux de la gauche : elle a une façon commune de parler du Nutri-Score. Ailleurs, c’est rarement le cas (2 sur 16 au centre, 1 sur 12 à droite, 1 sur 8 au RN et chez ses alliés) : leurs orateurs se dispersent, et beaucoup parlent comme la gauche ou le centre, alors que leurs votes s’en écartent.

Une proximité de mots n’est pas un accord : on peut reprendre le vocabulaire de la santé pour refuser une obligation. Thème par thème, les effectifs deviennent trop petits pour conclure ; ces tableaux restent dans les données (data/plongements_page.json).

4.7 Le comparateur des discours

Les familles politiques ne parlent pas du Nutri-Score avec le même vocabulaire. En XVIIe législature, l’univers des terroirs et des exemptions (AOP, IGP, fromages, appellations d’origine) revient 8,5 fois pour 1 000 mots au centre et 7,4 à droite, contre 1,6 à gauche et 1,4 au RN et alliés. La gauche parle davantage de l’industrie et de ses coûts (9,1 pour 1 000 mots, contre 7,2 au centre), avec des expressions comme « industriels », « lobbys » ou « intérêts ». Le RN et ses alliés se distinguent par le droit européen (8,7) et la composition des produits (9,8 : additifs, produits ultratransformés), sur peu de passages (14 passages de 8 orateurs).

Ce sont des fréquences de mots, pas des positions : parler des AOP peut servir à demander une exemption comme à la refuser. Le comparateur permet de refaire la lecture par groupe ou par famille, sur une période ou un type de débat, et d’ouvrir les passages derrière chaque chiffre.

Comparateur des discours

Choisir les groupes à comparer

5. Dire et voter

5.1 Le groupe d’abord

Quand un élu dit une chose et en vote une autre, il faut d’abord regarder ce qu’a voté son groupe : hors du centre, on vote presque toujours avec lui. Deux cas le montrent, d’autant que les votes contre ont aussi porté sur des textes qui exemptaient les produits de terroir.

5.2 Les mots annoncent-ils le vote ?

Les 38 orateurs qui ont toujours voté dans le même sens sur les sept votes (20 toujours pour, 18 toujours contre) ont chacun été classés, sans eux, d’après la proximité de leurs mots avec ceux des deux camps. 26 sont bien placés. En mélangeant les votes au hasard 1 000 fois, on en place 19 en médiane, et faire au moins aussi bien n’arrive que dans 3,3 % des tirages. Les mots annoncent donc le vote, mais imparfaitement.

Les erreurs vont surtout dans un sens : 8 orateurs qui ont toujours voté contre parlent comme ceux qui ont voté pour, 4 l’inverse.

OrateurGroupeA votéSes mots ressemblent à ceux du campPassages
Anne GenetetEPRcontre 4 foispour1
Anne-Cécile ViollandHORcontre une foispour1
Claire Marais-BeuilRNcontre 4 foispour1
Julie LechanteuxRNcontre une foispour1
Julien DiveDRcontre 4 foispour2
Julien GuibertRNcontre 6 foispour1
Thibault BazinDRcontre 7 foispour13
Thierry FrappéRNcontre 6 foispour1
Benoît BiteauECOSpour 6 foiscontre2
Dominique VoynetECOSpour 4 foiscontre1
Guillaume GarotSOCpour 2 foiscontre1
Mélanie ThominSOCpour 3 foiscontre3

Les 14 orateurs au vote partagé se placent ainsi, du côté pour : Anne Bergantz (DEM, 2 pour, 4 contre), Arnaud Simion (SOC, 4 pour, 1 contre), Béatrice Piron (HOR, 1 pour, 5 contre), Hadrien Clouet (LFI-NFP, 2 pour, 1 contre), Loïc Prud'homme (LFI-NFP, 3 pour, 1 contre), Ségolène Amiot (LFI-NFP, 6 pour, 1 contre), Yannick Neuder (DR, 2 pour, 3 contre), Élisa Martin (LFI-NFP, 5 pour, 1 contre), Élise Leboucher (LFI-NFP, 6 pour, 1 contre) ; du côté contre : Christophe Proença (SOC, 3 pour, 3 contre), Delphine Lingemann (DEM, 1 pour, 2 contre), Jean-François Rousset (EPR, 3 pour, 4 contre), Josiane Corneloup (DR, 1 pour, 3 contre), Philippe Vigier (DEM, 2 pour, 3 contre).

La plupart des orateurs mal placés n’ont qu’un ou deux passages : leur place est fragile. Surtout, les plongements mesurent de quoi l’on parle et comment, pas si l’on est pour ou contre : un orateur qui parle du sucre et de la santé pour refuser une obligation ressemble à ceux qui la défendent. C’est une lecture d’ensemble, pas un jugement sur une personne ; pour un cas, lire ses passages (section 6).

5.3 Six cas relus

Six personnes dont les paroles et les votes semblaient, à première lecture, ne pas concorder. Relus par Codex sur les textes et les suffrages, aucun ne montre de contradiction établie : une erreur de vote rectifiée (Yannick Neuder), un soutien au logo qui n’emporte pas l’obligation (Sandrine Dogor-Such), une généralisation contestée (Nicolas Turquois), une exemption défendue et votée (Vincent Descoeur), une abstention sur une rédaction et un vote pour une autre (Sandrine Runel), un auteur d’amendement absent du relevé (Cyrille Isaac-Sibille). Les anciens codes automatiques de position ne servent pas à qualifier ces écarts.

6. Chaque député, ses mots et ses votes

Les interventions et les suffrages d’une même personne sont rapprochés par son identifiant officiel. Les groupes restent ceux de la date du discours ou du vote, et la fiche ne dépend pas des filtres du comparateur. Seules les personnes qui ont pris la parole sur le Nutri-Score sont proposées ; les votes de tous les députés sont sur la carte (2.1) et dans les scrutins (2.3).

7. Ce qui entoure le débat

Les pièces de contexte dessinent la toile de fond des votes de 2024 et 2025 : des industriels qui retirent le logo de certains produits après la révision de l’algorithme, un nouvel algorithme signé en mars 2025 par cinq ministres qui maintiennent le volontariat, un projet européen d’étiquetage harmonisé à l’arrêt, et la filière laitière des appellations d’origine (CNAOL) qui déclare au registre de la HATVP chercher une exemption. Ces pièces décrivent des démarches et des arguments ; aucune ne permet d’attribuer un discours ou un vote à une influence.

8. Ce que montrent ces données

8.1 Ce que l’on peut dire

Le clivage des votes sur l’affichage obligatoire est net et stable sur les sept scrutins de 2024–2025 : les écologistes soutiennent toutes les rédactions, le RN n’en soutient aucune. Entre les deux, le centre n’a pas de vote unique : EPR vote surtout pour les deux rédactions portées par un député MoDem, et le 3 décembre 2025 les socialistes ne votent que la leur ; ces coïncidences avec l’auteur des textes ne disent pas, à elles seules, le motif des votes. Le vocabulaire des terroirs, très présent au centre et à droite, rejoint les demandes d’exemption pour les produits sous signe de qualité, que la droite, Horizons et les démocrates soutiennent au 3549 (EPR s’y partage).

Les six cas relus montrent que l’écart entre parole et vote tient le plus souvent à l’objet du vote : défendre le logo n’oblige ni à voter son obligation, ni à refuser une exemption.

Les mots et les votes ne concordent pas toujours. À droite et à l’extrême droite, 7 orateurs sur 14 qui ont toujours voté contre emploient des mots plus proches de ceux qui ont voté pour. Ils parlent davantage de fiscalité et d’obligation (9,5 mots pour 1 000, contre 3,1 chez les autres orateurs qui ont voté contre) et de publicité (4,0 contre 0,8) : des dispositifs qu’ils refusent, sans reprendre davantage les arguments de prévention (6,8, contre 8,8 chez ceux qui ont voté pour). À la seule lecture du discours, on ne devine donc pas le vote : c’est une question démocratique, celle de la lisibilité des positions pour les citoyens. Ces données ne disent rien des intentions.

Deux limites bornent ce résultat. 5 de ces 7 orateurs n’ont parlé qu’une fois ; parmi les orateurs qui ont au moins deux passages, l’écart se réduit (2 sur 9 côté contre, 2 sur 13 côté pour). Et l’écart inverse existe à gauche : 4 orateurs sur 14 qui ont toujours voté pour parlent comme le camp d’en face. La différence entre les deux camps (8 orateurs sur 18 côté contre, 4 sur 20 côté pour) peut relever du hasard (test exact de Fisher, p = 0,16).

8.2 Ce que l’on ne peut pas dire

8.3 Avant de partager

  • Un vote porte sur un texte précis : voter contre une obligation n’est pas forcément être contre le logo.
  • S’abstenir est un vote enregistré. Ne pas voter ne veut pas dire être absent, et un absent peut voter par délégation : la participation se lit comme une part de votes enregistrés, pas de présence. La carte ne montre que les députés qui ont voté au moins une fois.
  • Les phrases citées sont des extraits ; chacune renvoie au compte rendu officiel de la séance.
  • Les sept votes retenus sont ceux qui imposaient l’affichage ; les trois autres scrutins (une taxe, une exemption, un vote de 2019) n’entrent pas dans ces chiffres.

8.4 Pistes

9. Méthode

9.1 Qui lit quoi

Les votes sont des données officielles ; tout le reste repose sur des lectures, automatiques ou faites par un agent. Le tableau dit, pour chaque analyse, sur quoi elle porte, qui l’a faite et comment elle a été contrôlée.

AnalyseMatériauLectureContrôles
Recensement des scrutins47 scrutins candidats, objets officielsCodex, lecture des objetsune décision motivée pour chacun (annexe B)
Suffragesfichiers officiels des 10 scrutins, listes nominativescalcultotal officiel = somme des groupes = somme nominative, pour chaque scrutin
Pertinence des passages663 passages, noms et groupes masquésQwen3.6 en localcontrelecture de 31 passages par Codex : accord 97 %, kappa 0,92
Univers lexicaux351 passages pertinentscalcul, dictionnaires publiéschaque chiffre ouvre ses passages
Expressions distinctivesidemcalcul, contraste entre ensemblesdeux passages et deux orateurs au moins
Plongements sémantiquesidemBGE-M3, MiniLM (calculs du pilote)empreintes identiques aux caches
Cas parole / vote6 personnesCodex, lecture manuellecitations et suffrages sourcés
Contexte extérieur9 pièces : presse, HATVP, institutions, associationCodexdates d’événement et de publication séparées

Aucune de ces lectures n’a encore été relue par nous : le choix des scrutins, les six cas et les pièces de contexte sont des lectures d’agent, à confirmer.

Sections techniques, repliées :

9.2 Le recensement des votes

47 scrutins candidats, 10 retenus ; ce que « tous les votes » veut dire.

Les scrutins publics de l’Assemblée depuis 2017 ont été rapprochés des comptes rendus qui mentionnent le Nutri-Score, sous ses deux graphies. Chacun des 47 candidats a reçu une décision après lecture de son objet : 10 portent directement sur le Nutri-Score (annexe B). Un scrutin sur l’ensemble d’un texte, ou sur une motion de procédure, n’est pas lu comme une position sur le logo.

Les décisions sans scrutin public (amendements adoptés ou rejetés sans relevé nominatif) figurent dans la chronologie quand leur trace a été retrouvée ; elles ne donnent pas de suffrages individuels. Le Sénat est traité à part : un scrutin public (21 novembre 2025 : 117 pour, 212 contre, 15 abstentions) et des rejets non nominatifs. Les 240 amendements de la XVIIe législature qui citent le Nutri-Score sont catalogués en annexe A ; 94 le visent directement.

« Tous les votes » désigne tous les votes directs retrouvés dans ces sources. Ce n’est pas une garantie d’exhaustivité pour les commissions, pour les amendements des législatures antérieures, pour le Sénat ni pour le Parlement européen.

9.3 Lire un suffrage

Soutien, opposition, abstention, absence ; le 3549 ; le calcul du gradient.

Le soutien est le vote pour la rédaction exacte mise aux voix ; l’opposition, le vote contre. Une absence n’est ni un contre ni une abstention, et les délégations de vote enregistrées sont conservées. Un amendement retiré, tombé ou non soutenu n’est pas un rejet ; des amendements identiques forment un seul scrutin. Les mises au point des députés qui déclarent après coup avoir voulu voter autrement (Yannick Neuder et Anne-Sophie Ronceret au 4515) sont affichées à côté du vote officiel, sans le modifier.

Le 3549 porte sur un sous-amendement qui exempte de l’obligation les produits sous signe de qualité. Nous le lisons tel qu’il a été voté : « pour » signifie pour l’exemption. La première version de ce focus l’inversait, en comptant les votes contre l’exemption comme des soutiens à l’affichage. Cette lecture ne tient pas : le RN, qui vote contre toutes les obligations, vote aussi contre l’exemption (67 voix), et l’inversion lui prêtait autant de soutiens à l’affichage. L’inversion reste juste pour un amendement de suppression, comme celui des haltes soins addictions dans le rapport général.

Les groupes sont ceux de la date du vote. Les familles (gauche, centre, droite, RN et alliés, autres) suivent le classement conventionnel du pilote : Horizons est rangé à droite, LIOT et les non-inscrits dans « autres ». Le gradient porte, comme dans le pilote, sur les sept scrutins d’affichage obligatoire de 2024–2025 (229, 3548, 3550, 4512 à 4515), soit 1 436 suffrages exprimés de 391 députés ; la taxe sur les publicités (359), l’exemption (3549) et le scrutin de 2019, d’une autre législature, sont présentés à part. Les taux rapportent le soutien aux suffrages exprimés ; les abstentions sont montrées à côté. Un député vote plusieurs fois : les sept scrutins ne sont pas sept observations indépendantes.

Trois scrutins portaient le même intitulé. Les trois dispositifs imposent le logo dans les publicités et prévoient une contribution de 5 % pour qui ne l’affiche pas ; ils diffèrent par leur construction. Le 229 et le 3550 inscrivent l’obligation dans le code de la santé publique et permettent d’y déroger en versant la contribution ; le 3548 crée la contribution dans le code général des impôts, dont sont dispensées les entreprises qui affichent le logo. Les intitulés de la page reprennent cette différence de construction, pas une différence de portée.

9.4 Le corpus des discours

215 comptes rendus, 351 passages pertinents de 124 orateurs.

215 comptes rendus de séance et de commission (2017–2026) mentionnent le Nutri-Score ; 2 771 paragraphes en ont été extraits avec leur contexte. L’intervention continue d’un orateur forme un passage. Dans les longues interventions, celles des débats budgétaires notamment, seule une fenêtre autour du Nutri-Score est analysée ; le texte original reste consultable.

663 passages ont été codés. 417 proviennent de députés ou de rapporteurs dont le groupe est identifié à la date du discours ; 351 sont jugés pertinents, c’est-à-dire qu’ils parlent bien du Nutri-Score. Ils viennent de 124 personnes et de 110 documents, du 10 octobre 2017 au 12 octobre 2026. Les décisions d’octobre 2026 (commission, budget 2027) figurent dans la chronologie, mais pas dans le corpus des discours.

9.5 Les lectures des discours

Univers lexicaux, expressions distinctives, plongements ; un poids égal par orateur.

Univers lexicaux. Dix dictionnaires d’expressions régulières, fixés avant la comparaison des groupes (annexe C). Le taux est un nombre d’occurrences pour 1 000 mots : moyenne des passages de chaque orateur, puis moyenne des orateurs, pour qu’un orateur prolixe ne pèse pas plus qu’un autre. Un mot peut relever de plusieurs univers, et citer un argument peut servir à le contester.

Expressions distinctives. Mots et paires de mots plus fréquents dans un ensemble que dans les autres ensembles affichés, attestés dans au moins deux passages et chez deux orateurs. Le classement est descriptif, sans test statistique.

Plongements sémantiques. BGE-M3 et MiniLM, calculés par le pilote et réutilisés, comparent le sens des passages ; TF-IDF compare leur vocabulaire. La proximité de deux ensembles est le cosinus de leurs centres. Elle reflète aussi l’objet, la date et le genre du débat : deux arguments opposés peuvent être proches. Les résultats collectifs demandent deux orateurs et deux documents.

Quatre lectures complémentaires des plongements (sections 4.4 à 4.6 et 5.2), calculées sur les 174 passages pertinents de la XVIIe législature (59 orateurs des quatre familles), à partir des vecteurs BGE-M3 du pilote, sans relancer de modèle. Partout, un poids égal par orateur. Les oppositions retiennent, dans chaque compte rendu, la paire de passages la plus proche (cosinus) entre deux orateurs de familles différentes au vote opposé. Les familles de sens viennent des k-moyennes (k de 4 à 9, choisi par la silhouette ; stabilité mesurée sur 20 graines). « Qui parle comme qui » compare chaque orateur, sans lui, à des tirages d’un même nombre d’orateurs par famille (300 tirages) : une proximité « centrée » sur le thème a été écartée, car les écarts à une moyenne commune s’opposent mécaniquement. Le vote est prédit par le centroïde le plus proche, orateur exclu, et testé par 1 000 permutations. Graine 20261021. Calcul : scripts/plongements_page.py (numpy, scikit-learn) ; résultats dans data/plongements_page.json.

9.6 Le contexte extérieur

Presse, registre des représentants d’intérêts, institutions, association.

9 pièces : articles de presse, communiqués institutionnels, déclarations au registre des représentants d’intérêts de la HATVP et position d’une association de plaidoyer. La date de l’événement et celle de la publication sont séparées. Une déclaration au registre établit une démarche déclarée, pas un destinataire individuel ni un effet sur un vote ; une ressemblance de vocabulaire ne prouve pas qu’un argument a circulé. Les articles sont résumés brièvement, avec un lien vers l’éditeur.

9.7 Ce que valent les lectures

Les suffrages sont des données officielles, contrôlées à trois niveaux. Les discours reposent sur des lectures automatiques : la pertinence des passages vient du modèle local Qwen, contrôlée par Codex sur 31 passages (accord 97 %, kappa 0,92), sans étalon humain. Le pilote avait aussi codé la position des orateurs sur l’obligation ; l’accord entre les deux lectures était trop faible (kappa 0,43) pour s’en servir, et ce focus ne l’utilise pas. Les écarts entre paroles et votes sont examinés à la main, sur des objets, des dates et des citations précis.

Annexes

A. Les 240 amendements repérés

Catalogue de la XVIIe législature. Lien direct, mesure connexe et simple mention sont distingués. « Tombé », « retiré » ou « non soutenu » ne sont pas des votes contre ; les amendements identiques ne sont pas des scrutins indépendants.

CSV des amendements

B. Les 47 scrutins candidats

Chaque scrutin candidat du pilote, avec la décision de le retenir ou de l’écarter et son motif.

C. Dictionnaires des univers lexicaux

Repérage par expressions régulières sur le texte sans accents. L’unité est une occurrence, pas un argument codé.

D. Données et reproductibilité

L’analyse est autonome : les données et les calculs sont embarqués dans la page, sans service distant. Font exception la police de caractères et la vidéo en tête (vignette chargée depuis i.ytimg.com, lecteur youtube-nocookie.com au clic), ainsi que les liens vers les sources. Dans data/focus.json, le scrutin 3549 garde la convention du pilote (invert: true) ; la page le lit sans inversion (section 9.3), comme un vote sur l’exemption. Les fichiers ci-dessous sont ceux du dossier data/.

Sources parlementaires : Assemblée nationale et Sénat, consultées le 19 octobre 2026. Presse : résumés courts et liens vers les éditeurs. Le pilote NutriScore-Parlement est conservé ; ce focus complète son périmètre. Reconstruire la page : python3 scripts/assembler_page.py.