
Boîte 2 · Module 1
Comprendre la méthodologie
Axé sur les étapes cruciales de la recherche, ce module propose des repères méthodologiques pour structurer vos enquêtes et analyser vos données.
Ce module a pour objectif de vous fournir les clés essentielles pour comprendre et maîtriser les principes fondamentaux de la méthodologie qualitative, de la première question posée jusqu’à la dernière citation écrite.
Environ 1 h 24 en tout. 9 parties, chacune se lit à part.
Par Nicolas Naïditch, sociologue de la santé
7 min · 2 démonstrations · 4 fiches
Les entretiens constituent une méthode qualitative essentielle pour explorer en profondeur les perceptions, expériences et pratiques des individus. L’intégration des entretiens dans les techniques d’enquête marque une rupture fondamentale : elle permet de passer de la recherche de réponses préformatées, issues d’un savoir scientifique établi, à l’exploration des questions élaborées par les acteurs sociaux eux-mêmes.
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Fiche 1/4Pourquoi faire des entretiens ?Derrière l’entretien, il y a un postulat fort : les personnes ont un savoir sur leurs pratiques et leur expérience, un…
Derrière l’entretien, il y a un postulat fort : les personnes ont un savoir sur leurs pratiques et leur expérience, un savoir à prendre au sérieux en tant que tel. Dans un essai clinique, la personne est un sujet : on la mesure. Dans un entretien, elle devient une informatrice : elle sait, sur ce qu’elle vit, ce que le chercheur ignore.
La question change alors de nature. Un questionnaire demande combien : combien de lombalgiques ont une qualité de vie altérée ? L’entretien demande comment : ce que la douleur arrête, ce que la personne invente à la place, le sens qu’elle donne à ce qu’elle vit. La case « beaucoup » dit une intensité ; le récit dit une expérience.
C’est la promesse des méthodes qualitatives, et leur limite, qu’il faut assumer : ces récits ne produisent pas de statistiques et ne se généralisent pas à toute une population. Ils permettent de comprendre ; ils ne permettent pas de compter.
- Explorer en profondeur des perceptions, des expériences, des pratiques.
- Investiguer une thématique mal connue, quand on ne sait pas encore quelles questions poser.
- Accéder aux représentations, et dépasser les réponses de surface grâce au temps et à la relance.
Blanchet A., Gotman A., L’entretien, Armand Colin, 2014.
Fiche 2/4Partir des faits, sans partir de rienLa recherche biomédicale raisonne surtout de façon hypothético-déductive : une hypothèse tirée d’une théorie, mise à…
La recherche biomédicale raisonne surtout de façon hypothético-déductive : une hypothèse tirée d’une théorie, mise à l’épreuve des faits. La recherche qualitative fait le plus souvent le chemin inverse : une démarche inductive, qui part de données réelles et observables (entretiens, observations, récits) pour construire leur explication.
Inductif ne veut pas dire naïf. On ne part pas sans idée ; on part sans réponse. Les idées orientent l’écoute et le choix des personnes à interroger ; elles ne décident pas à l’avance de ce que les personnes vont dire.
Deux grandes traditions coexistent : l’approche phénoménologique, centrée sur la réalité telle que la personne la perçoit, et la théorisation ancrée de Glaser et Strauss, qui construit des théories à partir des données, par un va-et-vient constant entre terrain et analyse. Leurs différences sont surtout historiques et philosophiques ; mais si vous publiez, on vous demandera dans quel courant vous vous inscrivez.
Glaser B., Strauss A., La découverte de la théorie ancrée, Armand Colin, 2010 [1967].
Fiche 3/4Directif, semi-directif, libreLe degré de directivité se règle, comme on règle un cours d’eau. Directif un canal. La parole suit l’ordre des…
Le degré de directivité se règle, comme on règle un cours d’eau.
- Directifun canal. La parole suit l’ordre des questions ; elle est recueillie vite, comparable, mais discontinue et peu profonde. C’est le plus proche du questionnaire.
- Libre, ou non directifun delta. Aucune question préparée ; la parole se ramifie. C’est très riche, mais pas toujours pertinent, difficile à analyser, et d’une durée imprévisible.
- Semi-directifune rivière entre ses berges. Des thèmes et des questions préparés, un ordre et une formulation souples ; la personne peut dévier vers ce qui compte pour elle, sans quitter le lit.
Le semi-directif est le plus utilisé, parce qu’il combine guidage et ouverture en limitant les défauts des deux autres. C’est lui que vous utiliserez dans la plupart des mémoires.
Il se présente comme une conversation, mais s’appuie sur un guide d’entretien. Ce guide est un repère, pas un script : si la personne aborde un sujet avant votre question, suivez-la. Reposer une question déjà traitée donne l’impression de ne pas avoir été écouté.
Fiche 4/4Qualitatif et quantitatif, dans les deux sensLe qualitatif peut dire : je n’ai pas de chiffre, mais je suis sûr d’avoir couvert les façons de vivre la situation. Le…
Le qualitatif peut dire : je n’ai pas de chiffre, mais je suis sûr d’avoir couvert les façons de vivre la situation. Le quantitatif peut dire : j’ai des chiffres, mais je ne sais pas si les réponses proposées étaient les bonnes. Les deux se complètent.
- Plan exploratoiredes entretiens d’abord, pour construire les modalités d’un questionnaire, puis on compte. C’est le sens le plus utile en santé.
- Plan explicatifun résultat quantitatif surprend, et des entretiens cherchent à le comprendre.
Retenez l’ordre qui sert votre question de recherche.
5 min · 1 démonstration · 3 fiches
La diversification et le principe de saturation sont des piliers de la recherche qualitative. Contrairement aux approches quantitatives, la diversification vise à explorer la diversité des phénomènes étudiés, plutôt qu’à représenter statistiquement une population.
La saturation théorique, quant à elle, marque le point où la collecte de données n’apporte plus d’informations nouvelles ou contradictoires sur les thèmes centraux de la recherche.
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Fiche 1/3Diversifier, pas représenterEn qualitatif, on ne cherche pas un échantillon représentatif. On cherche à couvrir le phénomène , c’est-à-dire la…
En qualitatif, on ne cherche pas un échantillon représentatif. On cherche à couvrir le phénomène, c’est-à-dire la diversité des façons de le vivre, indépendamment de leur fréquence ; c’est ce que Pires (1997) appelle la diversification.
- Diversification externeinterroger des groupes contrastés (par exemple, des patients suivis à l’hôpital, en ville, en rupture de soins) pour faire apparaître les différences entre groupes.
- Diversification interneinterroger un groupe homogène, en variant les profils à l’intérieur (âge, sexe, niveau d’études, ancienneté de la maladie), pour dresser le portrait d’un groupe.
La diversification doit être théoriquement pertinente : on choisit les cas pour mettre une idée à l’épreuve. Un dixième cas semblable aux neuf premiers n’apprend presque rien ; un cas inattendu peut déplacer l’idée. Si vous pensez que les patients suivis à l’hôpital appliquent mieux les recommandations, allez voir aussi ceux qui n’y sont pas suivis.
La diversification ne se confond pas avec l’échantillonnage théorique de Glaser et Strauss, où chaque nouveau cas se choisit au fil de l’analyse, selon les catégories qui émergent. Les deux peuvent se combiner.
Conseil : justifiez toujours le type de diversification choisi, et dites quels sous-critères vous avez fait varier. C’est un item du COREQ.
Pires A., Échantillonnage et recherche qualitative : essai théorique et méthodologique
, dans La recherche qualitative, Gaëtan Morin, 1997 ; Glaser B., Strauss A., La découverte de la théorie ancrée, Armand Colin, 2010 [1967].
Fiche 2/3Ce que la saturation est, et ce qu’elle n’est pasLa saturation théorique est le moment où la collecte n’apporte plus d’information nouvelle, ni contradictoire, qui…
La saturation théorique est le moment où la collecte n’apporte plus d’information nouvelle, ni contradictoire, qui enrichirait, modifierait ou nuancerait les catégories centrales de la recherche. Elle remplace le nombre fixé à l’avance des études quantitatives, et ne concerne que les catégories principales.
Trois contresens fréquents :
- Ce n’est pas un détecteur qui tombe à zéroil reste toujours du nouveau, mais plus rien de théoriquement significatif.
- Ce n’est pas un chiffre magiquevingt entretiens ne garantissent rien ; c’est une appréciation, empirique et théorique.
- Ce n’est pas le moment où l’on est fatiguéc’est un critère méthodologique, qui se justifie.
Les signes concrets : les entretiens deviennent redondants, les catégories se stabilisent, aucune propriété nouvelle ne les enrichit, et vous commencez à prédire ce que les personnes vont dire. Souvent, les enquêtés commencent par « mon histoire n’est pas banale » ; et c’est vrai. Mais au fil des entretiens, les récits se ressemblent : ce que chacun vit comme unique se révèle largement partagé.
Deux nuances. La saturation ne montre pas un consensus : elle montre que les façons de dire, dans une population donnée, sont épuisées. Et elle peut être atteinte pour les codes (plus rien de nouveau à étiqueter) avant de l’être pour le sens (les nuances continuent de s’approfondir). Attention : elle ne représente qu’une partie de la réalité étudiée, et s’applique avec discernement.
Fiche 3/3Combien d’entretiens ? Des repèresLa question revient à chaque mémoire. La boîte à outils donne un repère pratique : environ 15 entretiens en…
La question revient à chaque mémoire. La boîte à outils donne un repère pratique : environ 15 entretiens en diversification interne, pour un sujet simple ; 30 et plus en diversification externe, selon la complexité et le nombre de catégories.
Trois études classiques donnent des ordres de grandeur, pour des populations plutôt homogènes et des questions ciblées :
- Sur 60 entretiens, les 12 premiers faisaient déjà apparaître 92 % des codes (Guest et al., 2006).
- La saturation des codes arrivait vers 9 entretiens ; celle du sens en demandait 16 à 24 (Hennink et al., 2017).
- Pour les focus groups, deux ou trois groupes font apparaître la plupart des thèmes (Guest et al., 2017).
Ce ne sont pas des normes à atteindre : ce sont des repères pour anticiper, et pour justifier un projet. La saturation, elle, se constate sur votre propre terrain.
Guest G., Bunce A., Johnson L., Field Methods, 2006 ; Hennink M., Kaiser B., Marconi V., Qualitative Health Research, 2017 ; Guest G., Namey E., McKenna K., Field Methods, 2017.
11 min · 5 démonstrations · 4 fiches · 2 ressources
Le guide d’entretien sert à structurer les échanges, éviter les oublis et permettre une comparaison entre les entretiens. Bien qu’il n’existe pas de structure standard, quelques principes sont à respecter. Un modèle de guide est dans la boîte, plus bas.
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Fiche 1/4Ce qu’on met dans un guideLe guide est une trame souple. Il oriente la parole sans la contraindre, et il permet de comparer les entretiens…
Le guide est une trame souple. Il oriente la parole sans la contraindre, et il permet de comparer les entretiens : chacun fait son chemin, mais tous passent par les mêmes thématiques. Il se construit par étages.
- Le consentement, dans les termes de la notice d’information.
- Le talon : les questions qui situent la personne et son espace social (âge, situation familiale, diplôme, profession, maladie). Il devient une ligne du tableau de présentation des enquêtés. Pour des professionnels, on demandera plutôt la formation, le poste, l’ancienneté. Posé au début ou à la fin, selon la dynamique de l’entretien.
- Des thématiques, chacune répondant à une facette de la question de recherche.
- Dans chaque thématique, des questions, écrites proprement pour qu’un jury puisse lire le guide, mais adaptées pendant l’entretien.
- Sous chaque question, des relances préparées, pour approfondir. On ne les pose pas toutes : elles servent quand la parole s’arrête.
- Une question finale, toujours la même :
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
. C’est souvent là que vient ce que le guide n’avait pas prévu.
L’ordre et la formulation des questions comptent : ce qu’on demande en premier, et avec quels mots, oriente la suite.
Fiche 2/4Du sujet aux questions, en trois étapesPartir d’un sujet général : par exemple, l’impact du diabète sur la qualité de vie. Le décomposer en dimensions , puis…
- Partir d’un sujet général : par exemple, l’impact du diabète sur la qualité de vie.
- Le décomposer en dimensions, puis en thématiques : le vécu corporel, les contraintes quotidiennes, la vie sociale et familiale, les représentations, la santé mentale, le rapport aux soins.
- Pour chaque thématique, écrire des questions et leurs relances.
C’est le même geste que celui d’une échelle de qualité de vie, qui décompose la vie en dimensions. Mais l’échelle en tire des items à cocher et un score ; le guide en tire des thématiques explorées par le récit.
Une thématique ne doit être ni trop large (« parlez-moi de votre vie » : la personne ne sait pas par où commencer), ni trop étroite (prenez-vous votre traitement le matin ?
: oui, et c’est fini). Juste : comment le diabète s’invite-t-il dans vos repas ?
.
Et le plus important : laissez-vous surprendre. La décomposition oriente l’écoute ; elle n’enferme pas le récit.
Fiche 3/4Formuler une bonne questionUne bonne question est ouverte, neutre et claire . Les questions fermées rapportent un mot : oui, bof, oui oui.…
Une bonne question est ouverte, neutre et claire. Les questions fermées rapportent un mot : oui, bof, oui oui. Remplacez « est-ce que » par « qu’est-ce que » ou « comment », et la réponse change de taille. Est-ce que vous faites vos exercices ?
appelle un oui poli ; comment se passent vos exercices ?
appelle la fatigue du soir.
Deux pièges reviennent, même dans des guides relus :
- La question qui suppose la réponse
est-ce que votre diabète vous freine ?
suppose déjà un frein. Plutôt :comment votre diabète intervient-il dans vos relations ?
. - Le mot glissé dans la bouche de la personnesi l’enquêteur demande
avez-vous perdu confiance en votre genou ?
et que la patiente répond « oui, un peu », la « perte de confiance » vient de la question, pas d’elle. À l’analyse, on la lit comme un accord atténué, et l’on s’appuie d’abord sur ce que la personne a dit spontanément.
Une question peut aussi toucher un aspect de l’expérience dont la personne n’avait jamais parlé. Cela peut l’aider à le mettre en mots ; cela peut aussi lui imposer une perspective qu’elle fait sienne par bonne volonté. Les deux restent possibles : c’est ce qu’il faut savoir écrire.
Lizé W., Entretiens, directivité et imposition de problématique
, Genèses, n° 76, 2009.
Fiche 4/4Tester, puis consoliderLe guide initial s’appuie sur la littérature et sur votre question ; il se confronte ensuite au terrain. Les premiers…
Le guide initial s’appuie sur la littérature et sur votre question ; il se confronte ensuite au terrain. Les premiers entretiens, dits exploratoires, servent à le réajuster : une question tombe parce qu’elle ferme l’échange (demander de citer les complications du diabète transforme l’entretien en contrôle de connaissances), une autre arrive parce que plusieurs personnes ont parlé d’un sujet imprévu (les repas de famille du week-end).
On consolide le guide après 2 ou 3 entretiens, pas après vingt : ensuite, il faut pouvoir comparer.
Faut-il analyser ces entretiens exploratoires ? En théorie, non : ils servent à préparer la recherche. En pratique, quand le nombre d’entretiens est limité, les écarter serait une perte. On peut les inclure, à condition de dire leur statut particulier dans la méthode ; le COREQ demande d’ailleurs si le guide a été testé au préalable.
Dans la boîte
Modèle de guide d’entretien
Thèmes, questions de relance, consignes
⬇ Télécharger · Word · 9 KoTableau de présentation des enquêtés
À fournir : le modèle de Nicolas
12 min · 5 démonstrations · 5 fiches
La dynamique d’un entretien qualitatif repose sur une interaction complexe entre enquêteur et enquêté. Chaque choix, du lieu à la présentation du chercheur, en passant par l’enregistrement des données, influence la qualité des réponses recueillies.
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Fiche 1/5Lieu, mode, placement, présentationLe cadre fait partie de l’entretien : chaque choix change ce qui se dit. À domicile : un cadre sécurisant et familier…
Le cadre fait partie de l’entretien : chaque choix change ce qui se dit.
- À domicile : un cadre sécurisant et familier, qui permet d’observer l’environnement de la personne ; mais pas toujours pratique, ni adapté.
- Dans un cadre médical : intéressant si le sujet s’y prête (le matériel, des lieux significatifs), mais le cadre peut être trop formel et orienter les réponses vers ce qu’on dit à un soignant.
- Dans un lieu neutre, un café par exemple : une ambiance détendue, mais le bruit et la confidentialité.
- Au téléphone ou en visio : pratique et accessible, mais on perd ce que le contexte aurait montré. Le cadre existe aussi en ligne : la connexion, la pièce, qui est présent, la confidentialité de l’enregistrement.
Le placement compte : une table qui impose un face-à-face fait ressembler l’échange à un entretien d’embauche ; s’asseoir au coin de la table change la relation sans un mot. Et la présentation de soi aussi : on ne parle pas de la même façon à une étudiante, à une future kiné ou à une chercheuse.
Conseil : justifiez toujours votre choix, et envisagez de mixer les conditions.
Fiche 2/5Commencer et finirL’entretien est une rencontre : on donne confiance avant de poser la première question. Se présenter ; remercier, et…
L’entretien est une rencontre : on donne confiance avant de poser la première question. Se présenter ; remercier, et dire à la personne que son expérience vous intéresse ; répondre à ses questions, en sachant qu’une réponse peut orienter la suite.
L’enregistrement ne démarre qu’après l’accord. Si la personne hésite, en parler ; si c’est impossible, prendre des notes. Emportez deux enregistreurs : une pile qui lâche à la quarante-septième minute arrive une fois à tout le monde. Jamais d’enregistrement sur un cloud non sécurisé : ce sont des données de santé. Préférez des formats compressés (MP3, FLAC, OGG). Et gardez un carnet, pour noter les éléments clés, vos hypothèses, les questions à reprendre.
On ne finit pas un entretien d’un coup : on prépare l’atterrissage. Une transition intellectuelle (avez-vous quelque chose à ajouter ?
), puis émotionnelle (comment avez-vous vécu cet entretien ?
), surtout après un récit difficile.
Parfois, il est utile de couper l’enregistrement, en le disant, pour répondre aux questions qu’on avait gardées. C’est souvent là que tout arrive. Ce qui se note alors n’est pas un verbatim : c’est une note de terrain, à citer comme telle et à mentionner dans la méthode.
Fiche 3/5Relancer sans orienterUne relance creuse ce que la personne vient de dire ; elle ne lui souffle pas ce qu’on pense. Trois façons de relancer…
Une relance creuse ce que la personne vient de dire ; elle ne lui souffle pas ce qu’on pense. Trois façons de relancer :
- Répéter littéralement ses derniers mots (« quand vous avez le temps ? ») : c’est un encouragement, et la personne nuance d’elle-même.
- Reformuler (
ça dépend surtout de votre fatigue ?
) : vous vérifiez que vous avez compris, et vous apprenez souvent autre chose. - Recentrer, avec parcimonie et subtilité, en cas de hors-sujet durable.
Et ce qui n’est pas une relance : c’est parce que vous êtes démotivée ?
. C’est une hypothèse de l’enquêteur, glissée dans la bouche de la personne.
Fiche 4/5Une relation sociale : les biais, des deux côtésMême quand elle vise la connaissance, la relation d’enquête reste une relation sociale ; quoi qu’on fasse, elle a des…
Même quand elle vise la connaissance, la relation d’enquête reste une relation sociale ; quoi qu’on fasse, elle a des effets sur les résultats. Il n’existe pas de neutralité absolue.
Entre ce qu’une personne a vécu et ce qu’elle dit, plusieurs filtres : répondre ce qui paraît attendu, changer d’attitude parce qu’on se sait observé, une mémoire partielle et reconstruite, le souci de se présenter sous un bon jour (à en croire les entretiens, tous les patients sont observants). Ces biais existent aussi dans les questionnaires ; l’entretien est mieux armé pour en limiter certains, parce qu’on peut relancer et explorer une incohérence.
Le chercheur filtre aussi. Un étudiant kiné qui entend je n’ai pas le temps de faire mes exercices le soir
peut comprendre « il n’est pas observant », alors que la personne décrit une contrainte. On n’enlève pas ses lunettes ; on apprend à les voir. La règle, depuis Weber, est la neutralité axiologique : ne pas faire parler ses valeurs à la place des données.
Deux pièges symétriques pendant l’entretien : débattre quand les propos vous heurtent (cherchez plutôt à comprendre une vision du monde), et acquiescer à tout quand vous êtes d’accord (soumettez-lui plutôt les arguments contraires). La bonne posture n’est pas l’absence de réaction : c’est une curiosité constante.
Concrètement : un carnet réflexif, tenu du début à la fin. Vos contraintes, votre histoire avec le sujet, vos a priori, votre rapport au terrain. Rien de cela n’invalide l’enquête ; tout cela doit être visible. Ce carnet nourrira la partie équipe de recherche et réflexivité
du COREQ.
Bourdieu P., « Comprendre », dans La misère du monde, 1993 ; Schwartz O., « L’empirisme irréductible », postface à Anderson N., Le hobo.
Fiche 5/5Tout le monde ne parle pas pareilLes bavards : des entretiens riches mais parfois longs et peu structurés ; il faut recadrer, reformuler. Les classiques…
- Les bavards : des entretiens riches mais parfois longs et peu structurés ; il faut recadrer, reformuler.
- Les classiques, ou « idéaux » : des réponses claires et réfléchies, souvent idéales pour les verbatims.
- Les laconiques : des réponses brèves ; l’entretien le plus difficile, qui demande de relancer encore et encore.
Ces profils ne sont pas des traits de caractère. L’aisance à parler de soi est très liée au capital socio-économique et culturel, et au genre : les cadres parlent d’eux avec plus d’aisance, les employés et les ouvriers sont plus souvent réservés. Le laconisme n’est pas un manque d’expérience. Tenez-en compte dans la relance, et dans l’analyse.
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L’analyse thématique est l’approche la plus couramment utilisée en recherche qualitative. Elle repose sur un découpage transversal de l’ensemble des entretiens : on regroupe les fragments de discours par thème, puis on confronte, sur un même thème, les points de vue des différents enquêtés.
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Fiche 1/1Découper, puis comparerL’analyse thématique, disent Blanchet et Gotman, « défait en quelque sorte la singularité du discours » : elle perd la…
L’analyse thématique, disent Blanchet et Gotman, défait en quelque sorte la singularité du discours
: elle perd la cohérence propre de chaque entretien. Et elle découpe transversalement ce qui, d’un entretien à l’autre, se réfère au même thème : elle gagne une cohérence entre les entretiens. C’est la méthode la plus utilisée, plus proche de la sociologie que de la psychologie.
Elle revient à deux gestes : découper chaque entretien selon les thèmes, puis comparer, pour tous les enquêtés, un même thème. Quatre règles :
- Elle se fait en accord avec la grille d’entretien, donc avec les hypothèses de la recherche ; mais des thèmes nouveaux peuvent émerger.
- Elle se hiérarchise en thèmes principaux et secondaires.
- Elle peut faire l’objet d’un double, voire d’un triple codage.
- Pour commencer, une lecture flottante suffit : on peut la faire en retranscrivant.
À la main (surligneurs, annotations, post-it au mur) ou avec un logiciel, le geste est le même. N’oubliez jamais qu’un extrait de trois lignes vient d’un entretien de vingt pages.
Blanchet A., Gotman A., L’entretien, Armand Colin, 2014.
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Thématiser, c’est passer des extraits surlignés à un arbre : des unités de sens, des codes, des sous-thèmes, des thèmes. C’est là que l’analyse se joue : un thème bien construit dit ce que les personnes vivent, et pas seulement de quoi elles parlent.
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Fiche 1/5De l’unité de sens au thèmeQuatre étages, emboîtés : L’unité de sens un passage qui dit une seule chose et se comprend seul (« je préfère éviter…
Quatre étages, emboîtés :
- L’unité de sensun passage qui dit une seule chose et se comprend seul (« je préfère éviter »).
- Le codel’étiquette qu’on lui donne (l’évitement des repas).
- Le sous-thèmedes codes proches, regroupés (l’isolement volontaire).
- Le thèmeun axe qui répond à une facette de la question (la vie sociale).
Une réponse n’est pas une unité : une seule réponse peut en contenir trois, dans trois thèmes différents. Si l’on code des réponses entières, on perd ce qui les articule.
Coder se règle. Trop large, tout est surligné, donc rien n’est trié. Trop fin, on garde des mots (bouffe, calculer, isolé) sans la phrase qui les relie, et l’on passe à côté du mécanisme. Le bon grain : le passage dit une seule chose, et la dit en entier.
Graneheim U. H., Lundman B., Qualitative content analysis in nursing research
, Nurse Education Today, 2004.
Fiche 2/5Déductif, inductif : les deux mainsLa grille de codage naît du guide : ses thématiques deviennent des codes. C’est la part déductive : rapide, comparable…
La grille de codage naît du guide : ses thématiques deviennent des codes. C’est la part déductive : rapide, comparable, mais on ne trouve que ce qu’on cherchait.
La part inductive nomme chaque unité au plus près des mots, puis regroupe, jusqu’à l’arbre. Plus longue, elle laisse le corpus dire ce qu’on n’avait pas prévu : le travail, par exemple, que le guide n’avait pas prévu et qui revient d’un entretien à l’autre. Il mérite peut-être son propre thème, en pointillés tant qu’il n’est pas confirmé.
La manière la plus sûre : regrouper d’abord à partir des étiquettes, et ne confronter l’arbre aux objectifs de l’étude qu’à la fin. Sinon, l’induction devient du déductif déguisé. Cette confrontation donne deux résultats : ce que l’étude visait sans le trouver, et ce que le corpus apporte sans qu’elle l’ait prévu.
Fiche 3/5Un thème dit quelque choseUn piège fréquent : nommer ses thèmes comme des rubriques. « Alimentation », « vie sociale », « traitement » disent de…
Un piège fréquent : nommer ses thèmes comme des rubriques. « Alimentation », « vie sociale », « traitement » disent de quoi l’on parle ; ce sont les tiroirs du guide. Un thème, insistent Braun et Clarke, est un motif de sens partagé : le repas devient un calcul permanent, et un lieu de renoncement
. Gardez les rubriques pour coder ; au moment d’écrire, vos thèmes doivent dire quelque chose.
Chaque thème mérite une fiche : un nom, une définition, ce qui entre, ce qui n’entre pas, et les frontières avec les thèmes voisins (un repas évité pour ne pas avoir à calculer relève de l’alimentation ; pour ne pas être vu, de la vie sociale
). C’est ce qui permet à quelqu’un d’autre de coder comme vous. Écrivez la définition à partir des extraits réellement rangés, sinon elle redit le titre.
Un extrait peut être à cheval sur deux thèmes : on relit, on décide, et l’on écrit la décision. Ce n’est pas l’hésitation qui pose problème, c’est l’hésitation sans trace. Et un thème qui ramasse tout se scinde : la question n’est pas « est-il gros ? » mais « dit-il une seule chose ? ».
Braun V., Clarke V., Reflecting on reflexive thematic analysis
, Qualitative Research in Sport, Exercise and Health, 2019.
Fiche 4/5Relier, pas seulement classerClasser ne suffit pas : il faut relier. Chez Kevin, l’alimentation contraint, « du coup » il évite les repas entre…
Classer ne suffit pas : il faut relier. Chez Kevin, l’alimentation contraint, « du coup » il évite les repas entre amis, et « à force » il se sent isolé, puis déprimé. Ces liens sont dans ses mots ; on peut les écrire. Quand c’est nous qui ajoutons un lien de cause, il faut le dire, et le modaliser.
Un sous-thème n’est pas un sac d’extraits qui disent la même chose. Un extrait établit le constat, un autre l'explique, un troisième le contredit et en dit la limite, souvent la condition. Une idée principale est un mécanisme fait d’idées secondaires articulées.
Deux lectures sont nécessaires : en long, un entretien entier, pour comprendre comment les choses s’enchaînent chez une personne ; en travers, un thème dans tous les entretiens, pour comparer. Une matrice entretiens × thèmes aide à faire les deux. Et les cases vides comptent : un thème absent chez quelqu’un est aussi un résultat.
Fiche 5/5Coder à deuxDans l’idéal, et surtout pour publier, plusieurs personnes codent séparément le même matériau, et l’on mesure leur…
Dans l’idéal, et surtout pour publier, plusieurs personnes codent séparément le même matériau, et l’on mesure leur accord par un coefficient, le kappa (un logiciel comme NVivo le calcule).
Ce coefficient mesure la clarté de la grille pour quelqu’un qui n’a pas le contexte ; il ne mesure pas la justesse de l’analyse. Un désaccord ne dit pas qui a raison : il montre souvent où la fiche d’un thème est floue (extraits qui illustrent l’impact social
n’est pas un critère de tri). On réécrit la définition avec une règle observable, et l’on recode.
12 min · 6 démonstrations · 3 fiches
Un verbatim est un extrait fidèle du discours d’un enquêté, retranscrit mot à mot. L’analyser, c’est d’abord le découper en ce qu’il fait, puis dire, pour chaque lecture, ce qui vient de ses mots et ce qui vient de nous. Une analyse qualitative n’a pas à être objective ; elle doit pouvoir être discutée.
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Fiche 1/3Segmenter un verbatimSegmenter, c’est rendre lisible la complexité d’un propos : distinguer l’idée principale de l’exemple ou de la…
Segmenter, c’est rendre lisible la complexité d’un propos : distinguer l’idée principale de l’exemple ou de la justification, et éviter les lectures globalisantes, qui résument une phrase par son thème le plus visible. Une même phrase peut faire quatre choses : constater, expliquer, hiérarchiser, illustrer.
Quatre règles :
- Une idée autonome par segment.
- Repérer le type de chaque énoncé (constat, cause, hiérarchie, illustration…).
- Garder le vocabulaire d’origine.
- Préserver les ruptures : un « (…) » peut signaler un silence, un non-dit, une digression, qu’il ne faut pas interpréter à tort.
Fiche 2/3Les sept gestes, et le fil jusqu’aux motsEntre un verbatim et une affirmation dans un mémoire, sept gestes. Chacun laisse une trace qu’un autre peut vérifier…
Entre un verbatim et une affirmation dans un mémoire, sept gestes. Chacun laisse une trace qu’un autre peut vérifier :
- Écrire sa question avant de lire : on ne lit pas de la même façon quand on sait ce qu’on cherche.
- Ranger chaque pièce dans son bac : seule la transcription prouve ce que dit le participant ; les notes, le dossier, un autre entretien orientent la lecture, mais ne prouvent rien.
- Noter le contexte mobilisé pour lire : ce qu’on savait de la personne, de la situation.
- Découper : une logique, une unité. Deux logiques dans une même phrase font deux unités.
- Attacher chaque étiquette à des mots exacts : un fil doit pouvoir aller de l’étiquette au texte.
- Marquer ce qui est fragile : « je vais pas tenir » est une projection, pas un arrêt.
- Tenir un carnet qui garde la première lecture, et la raison de la révision.
Et seulement alors, l’affirmation.
Le fil jusqu’aux mots exacts se vérifie simplement. L’extrait est exact quand les mots y sont ; normalisé quand seule une majuscule change. Il pose problème quand il est recollé (deux morceaux réunis par des points de suspension), à cheval (la question de l’enquêteur mêlée à la réponse) ou absent (une reformulation présentée comme une parole). Ancrer n’interdit pas d’interpréter au-delà des mots ; cela oblige à dire quand on le fait.
« From plausible to contestable », N. Naïditch, manuscrit soumis, 2026.
Fiche 3/3Du dit à l’interprétéChaque lecture ajoute plus ou moins au texte, et il faut le savoir : C’est dit les mots sont là. C’est inféré d’un…
Chaque lecture ajoute plus ou moins au texte, et il faut le savoir :
- C’est ditles mots sont là.
- C’est inféré d’un indiceun « toutes » nous apprend que les collègues dont elle parle sont des femmes.
- C’est inféré de plusieurs indices et d’une théoriec’est souvent là que l’analyse apporte le plus, à condition de le dire comme tel, avec la littérature qui l’appuie.
Le risque principal n’est pas l’erreur grossière : c’est la nuance qui tombe au fil de l’écriture. « Il me semble » disparaît et une impression devient un fait ; « je vais pas tenir » devient « il a arrêté » ; « des fois » devient une règle. Les modalisateurs (« vraisemblablement », « peut-être ») font partie du résultat.
6 min · 3 démonstrations · 3 fiches
Un verbatim ne se cite pas seul : il se choisit, se présente, se réfère à un enquêté, s’analyse et se discute. Et il se relit contre la transcription avant de rendre.
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Pour en savoir plus · 3 fiches à dérouler
Fiche 1/3Choisir ses citationsPas d’exhaustivité : l’objectif n’est pas de recopier le matériau, mais d’en extraire le plus parlant, généralement un…
Pas d’exhaustivité : l’objectif n’est pas de recopier le matériau, mais d’en extraire le plus parlant, généralement un à trois verbatims par thème. Trois rôles possibles :
- Représentativela plus proche du centre du thème, typique de ce que disent plusieurs personnes.
- Exemplairela plus claire, compréhensible sans contexte.
- Atypiqueun point de vue minoritaire mais éclairant, qui montre la frontière du thème.
Notez pour chaque citation pourquoi vous l’avez choisie : le jour où un jury demande « pourquoi celle-là ? », « parce qu’elle était parlante » ne suffit pas. Un verbatim incarne un thème ; il ne le démontre pas seul.
Fiche 2/3Présenter et discuterDistinguer le verbatim de l’analyse : guillemets, mise en forme typographique. Le référer à un enquêté, dont on donne…
- Distinguer le verbatim de l’analyse : guillemets, mise en forme typographique.
- Le référer à un enquêté, dont on donne les caractéristiques, dans l’analyse ou à la fin de l’extrait.
- L’analyser : ne pas le répéter, mais dire ce qu’il révèle des logiques sociales, des représentations, des mécanismes.
- Le discuter : en qualitatif, les résultats sont directement mis au regard de la littérature.
Respecter la parole de l’enquêté, c’est restituer fidèlement ses mots et ne pas les interpréter contre ce qu’il a dit. C’est aussi ne pas effacer les structures sociales à l’œuvre : une lecture qui ne retient que « un choix personnel » là où la personne décrit une surcharge, une hiérarchie des besoins et des rôles genrés devient culpabilisante.
Avant de rendre, relisez chaque citation contre la transcription : une reformulation présentée comme une parole est une faute, même quand l’idée est juste.
Fiche 3/3PseudonymiserModifier le prénom, oui, mais par lequel ? Un prénom n’est pas neutre : il porte une génération et un milieu social. Le…
Modifier le prénom, oui, mais par lequel ? Un prénom n’est pas neutre : il porte une génération et un milieu social. Le remplacer par un prénom de même génération et de même milieu garde le signal ; un prénom d’un autre monde social change l’analyse ; un code (E1) est neutre, mais efface aussi ce qui compte.
Supprimez ensuite les informations identifiantes (date de naissance, commune, établissement, noms de soignants) et pensez au recoupement : un âge, une commune et une pathologie rare suffisent parfois à désigner quelqu’un. Aucune pseudonymisation n’annule ce risque ; elle le réduit.
Coulmont B., prénoms et mentions au baccalauréat (coulmont.com/bac).
4 min · 2 exercices
Deux exercices : poser la question à une enquêtée qui vous répond, puis trier les lignes d’un guide.
L’enquêtée qui répond
Choisissez la question ; Mme Leroy répond. La correction, c’est sa réponse.
Question ou relance ?
Ces lignes viennent du guide de l’exemple diabète. Une question ouvre un domaine ; une relance creuse ce qui vient d’être dit.
La bibliothèque du module
Les références du module
16 références réunies pour ce module, des sources des démonstrations aux lectures conseillées. Chaque dos du rayon mène à sa fiche, et un clic copie la référence, prête à coller dans votre bibliographie.
OUV BLA 2014Ouvrage
Blanchet A., Gotman A.
L’entretien
Armand Colin
OUV COM 2007Ouvrage
Combessie J.-C.
La méthode en sociologie
La Découverte, coll. Repères

OUV GLA 2010 [1967]Ouvrage
Glaser B., Strauss A.
La découverte de la théorie ancrée
Armand Colin
CHA BOU 1993Chapitre
Bourdieu P.
« Comprendre »
dans P. Bourdieu (dir.), La misère du monde, Seuil
CHA PIR 1997Chapitre
Pires A.
« Échantillonnage et recherche qualitative : essai théorique et méthodologique »
dans J. Poupart et al., La recherche qualitative : enjeux épistémologiques et méthodologiques, Gaëtan Morin

CHA SCH 1993Chapitre
Schwartz O.
« L’empirisme irréductible »
postface à N. Anderson, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, Nathan
ART BRA 2006Article
Braun V., Clarke V.
« Using thematic analysis in psychology »
Qualitative Research in Psychology, 3(2), 77-101
ART BRA 2019Article
Braun V., Clarke V.
« Reflecting on reflexive thematic analysis »
Qualitative Research in Sport, Exercise and Health, 11(4), 589-597
ART GRA 2004Article
Graneheim U. H., Lundman B.
« Qualitative content analysis in nursing research: concepts, procedures and measures to achieve trustworthiness »
Nurse Education Today, 24(2), 105-112
ART GUE 2006Article
Guest G., Bunce A., Johnson L.
« How many interviews are enough? An experiment with data saturation and variability »
Field Methods, 18(1), 59-82
ART GUE 2017Article
Guest G., Namey E., McKenna K.
« How many focus groups are enough? Building an evidence base for nonprobability sample sizes »
Field Methods, 29(1), 3-22
ART HEN 2017Article
Hennink M. M., Kaiser B. N., Marconi V. C.
« Code saturation versus meaning saturation: how many interviews are enough? »
Qualitative Health Research, 27(4), 591-608
ART LIZ 2009Article
Lizé W.
« Entretiens, directivité et imposition de problématique »
Genèses, n° 76
ART OLI 1995Article
Olivier de Sardan J.-P.
« La politique du terrain »
Enquête, 1

MAN NAÏ 2026Manuscrit
Naïditch N.
From plausible to contestable
manuscrit soumis
DON COU s. d.Données
Coulmont B.
« Prénoms et mentions au baccalauréat »
coulmont.com
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